Things are not what they seem to be.
MIL.OA. Ce projet de dingue qui est passé pour l'idée d'un fou à son origine a été construit par Jess Cameron. Un visionnaire et mystérieux bonhomme qui mène son équipe d'une poigne de fer.
Cette structure qui semble parfois dotée d'une conscience a donc un dirigeant, ses adjoints, sa police, ses lois, ses corps de métier, son hôpital, son école, son collège et son lycée et même ses lieux de culte. Tout cela pour prendre soin de ses habitants, ses citoyens de la naissance à la mort.
MIL cache derrière ses rideaux et ses light show un terrible secret. Sauras-tu le découvrir ?
Les Règles des Lieux Contexte et Modalités de JeuChoisir un personnageBienvenue Invité !Se présenterPartenariat
A savoir
# Jeu réservé aux + 16 ans !
# Vous devez créer un compte "Joueur" pour commencer ...
Contexte actuel
Quelle réalité sordide se cache derrière MIL.OA ?
◘ Traquez les indices qui vous mèneront sur la piste d'I.L.R.P. en restant aux aguêts des rumeurs de MIL.OA.!
◘ Laissez-vous séduire par l'éventail de plaisirs auditifs que vous offre le festival en allant faire un tour du côté des Stages.
◘ Découvrez la vie quotidienne de nos festivaliers, émaillée de suspens, d'amour et de désillusions. Passions, amitiés se tissent dans une ambiance survoltée.
Evénements
◘ MIL.OA est actuellement installé en Allemagne, à Francfort.
◘ Les concerts ont débuté depuis le 7 août !
◘ Une mystérieuse organisation fait pression depuis des mois sur certains musiciens.
◘ Des événements étranges se produisent quelques jours avant le début du festival.
◘Jess Cameron, son créateur, est dans la tourmente après les révélations de son meilleur ami.
◘ Qui est cette jeune femme inconnue qu'il a pourtant l'impression de connaître ?
MIL.OA.
Music is Life Open Air

Partagez
 

 [Terminé]Les Rêves d'un Autre (pv Tom)

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
LOGISTICS
Messages : 9
Date d'inscription : 04/08/2018
Jess Cameron
Les rêves d'un autreWhat if I wanted to break
Laugh it all off in your face
What would you do?
What if I fell to the floor
Couldn't take all this anymore
What would you do, do, do?
Come, break me down
Bury me, bury me
I am finished with you( Thirty Seconds  To Mars → The Kill (Burry me) )
Se réveiller en transe chaque nuit, la terreur au ventre, le souffle court. Hurler à ne plus savoir qui on est et se prendre la tête entre les mains à se l'éclater. Passer quinze minutes sous la douche pour tenter d'oublier ce cauchemar. Avaler ces antidépresseurs à la con ou se bourrer d'anxiolytiques pour finalement comprendre que tous ces cachetons n'ont aucun effet. Finalement prendre conscience qu'une bonne ligne de coke et un cocktail d'emphètes sont bien plus salutaires pour affronter la journée qui s'annonce. Journée de dingue, journée de merde, journée  de rêve ! Putain c'est ce à quoi j'ai toujours rêvé. A croire que j'étais programmé pour ça: diriger MIL.OA. Je suis MIL. Je l'ai dans la peau, les tripes, le cerveau, les veines. MIL est mon âme. Voilà dix ans que je vis pour lui, que je veille pour lui, que j'oublie de dormir pour lui. C'est ma création, mon âme. MIL, c'est moi.

Une telle fulgurance, une telle ascension, une telle réussite. Personne n'a compris. Je ne comprends pas moi-même. Un gosse de Seattle, né dans un quartier pauvre, issu d'une famille de la classe moyenne inférieure, de parents modestes, comptables dans une entreprise locale. Comment ai-je pu être touché par cette grâce ? Ce génie des affaires et cette idée visionnaire ? Pourquoi le MÉCÈNE m'a-t-il choisi, moi ? Un banal étudiant en filière commerciale ? Banal ? Certes je suis sorti Major  de ma promo, certes j'étais plutôt beau gosse. Un jeune loup aux dents longues qui a soif de s'élever grâce à l’ascenseur social, le rêve américain encore renouvelé. Putain, il a la vie dure celui-là ! Mais alors, quoi ? Dans mes jeunes années, je grattouillais vaguement ma guitare, je composais dans mon coin des mélodies que je ne parvenais jamais à achever. Un artiste raté, un outsider dans le monde des requins. C'était mon profil, les souvenirs de ma jeunesse. Alors pourquoi m'avait-IL choisi moi ?

Qui était cet homme que je n'avais jamais rencontré et qui m'avait pris sous son aile ? Pourquoi avait-il "sponsorisé" mes études au MIT? Pourquoi m'avait-il encouragé dans la voie du Droit ensuite, puis dans celle de la sociologie encore ? Des années d'études payées à grand frais. J'aurais voulu échouer mais j'étais programmé pour réussir tous ces cursus. PROGRAMMÉ. Mon cerveau avait accumulé toutes ces compétences au fil de mon parcours d'études et maintenant il était prêt à imploser parce que ...

Parce que j'ignore qui est celui à qui je dois tout ça. Pire! j'ignore qui je suis moi-même! Qui je suis ? Qui je suis ? Qui je suis ?  

In my dreams ...

I'm an other man, who lives an other life. Guy with a joker face, starring, shining ...  and I'm a musician, famous, celebrity all around the word. People scream my name, heat for me, waiting, longing for me on the stage. It's not the same way. It's looks so strange.  Not the same way. I'm not a business man, I'm an artist. AND IT MAKES ME FEEL SO ALIVE !


Je sors de la douche et j’attrape une serviette de bain que je noue autour de ma taille. Je rejette mes cheveux en arrière. Courts, bien plus courts que dans mon rêve. Je me prends la tête entre les mains et je sanglote.

In  an other time, an other world I was a free man, a gypsy king. I was a prince of music, not a slave. I was myself and not  a puppet! Each night I fight with this spectre and I became more and more powerless,ashamed, desesperated, errated. I'm lost in a strange illusion. My life is not my true life. Please, who can help me ?


Je lis mes mémos et mes mails en allumant la première cigarette de la journée. Je consulte mon répondeur sur lequel la voix de mes dernières aventures d'un soir expriment leur attente, leur frustration de me voir si rarement. Jamais plus d'une soirée, jamais plus d'une nuit. Jamais une journée. Jamais. Au milieu des voix féminines et de celle de mon secrétaire, je distingue celle, enfin amicale et chaleureuse d'un ami. Le seul que j'ai conservé en ces dix dernières années. Tom.Thomas Savage Jr. Comment et pourquoi ce fils de bonne famille est devenu mon ami ? Je ne me l'explique que par notre passion commune de la musique, et du rock en particulier. Nous avons arpenté les mêmes bancs de l'université, mais nos origines sont tellement différentes, notre milieu social, nos familles. Pourquoi ce type s'est-il lié d'amitié avec le névrosé que je suis ?

Peu importe, à vrai dire. Tom a toujours été là pour moi et je pense que, dans une moindre mesure, je lui ai toujours rendu la pareille. J'ai assisté à l'essor de son groupe, j'ai soutenu son moral quand il était en proie au doute et au deuil de son père. J'ai souri en soutenant le mec dans ses errances amoureuses quand il tentait de se convaincre que sa diva n'était qu'une amie. Peu importe. Ce que je sais, c'est que Tom a toujours cru en mon projet pour MIL. Alors même que ce n'était qu'un petit festival itinérant dans deux ou trois lieux.

Savoir qu'il est arrivé me procure une grande joie. Il faut que je lui parle de ce qui m'arrive depuis qu'ELLE  a croisé mon chemin. Depuis que son enfoiré de mari est arrivé avec elle sur MIL, muni de cette putain de recommandation du MÉCÈNE. Il faut que je lui parle de ce retour des rêves récurrents que j'avais réussi à juguler à grand renfort d'alcool et de coke. Je remercie qui je peux : merci, merci, merci. L'arrivée de mon ami est comme un phare dans la tempête. Une tempête dans laquelle j'affronte chaque nuit un autre moi. Une tempête dans laquelle je la perçois ELLE, toute proche et pourtant inaccessible.

Qui suis-je, putain ? Et, elle, qui est-elle pour avoir abattu toutes mes fortifications et avoir déchaîné une nouvelle tempête dans mon esprit ?

Mon dernier mail était laconique mais pourtant il a alarmé mon ami.

Je contacte mon secrétaire pour lui demander de programmer un rendez-vous dans la journée avec Tom. Nous sommes tous deux des hommes très occupés, mais jamais l'un de nous deux n'a manqué de répondre présent à l'appel de l'autre. Plus que jamais, j'ai besoin de lui pour ne pas sombrer.

I'm a mad man in a crazy world.


Un mail du secrétariat arrive, me confirmant que Tom sera là dans la matinée. Je me fais couler un café et me dirige vers mon dressing pour me transformer en Jess Cameron.
©️️ 2981 12289 0
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
MUSICIANS
Messages : 13
Date d'inscription : 03/08/2018
Tom Savage
Les rêves d'un autreWhat if I wanted to break
Laugh it all off in your face
What would you do?
What if I fell to the floor
Couldn't take all this anymore
What would you do, do, do?
Come, break me down
Bury me, bury me
I am finished with you( Thirty Seconds  To Mars → The Kill (Burry me) )
J'aurais aimé un répit après la violente dispute de la veille. J'aurais souhaité pouvoir m'expliquer avec Ariana pour être plus serein avant de faire face à Jess. Malheureusement mon ami ne va pas bien. Pas bien du tout. Je l'ai senti dans nos derniers échanges par mails  et au téléphone. Sa voix était si angoissée, presque en panique. Jess en panique ? Lui qui a toujours géré MIL de main de maître depuis dix ans! Mais je me doute que le festival n'est pas la cause de son état, du moins pas directement.

Un état qui l'a poussé à me faire contacter par son secrétariat pour fixer un rendez-vous dès le lendemain de mon arrivée sur les lieux. Malgré mon stress et l'insomnie qui m'a tenu en éveil jusqu'au petit matin, je n'ai pas eu le cœur de refuser l'appel à l'aide de mon ami. Avec une saleté de gueule de bois en prime, parce que j'ai vidé tout le mini-bar de ma chambre et j'ai commandé une bouteille de whisky au room service pour m'achever, je me suis mis sous la douche et habillé en essayant de rattraper au mieux ma mine ravagée.

C'est donc habillé avec élégance dans ma chemise de soie et mon costume trois pièces que je me suis rendu à la mairie qui abrite aussi dans une aile la maison de Jess. Catogan bien noué et lunettes de soleil pour masquer mon mal de crane, je frappe à la porte. Le choix de ma tenue n'est jamais laissé au hasard. Sur scène je suis vêtu tout autrement mais ce n'est pas le musicien ou la rockstar qui vient voir Jess. C'est l'ami et peut-être l'homme d'affaires s'il en a besoin. Cette multiplicité de mes apparences a toujours beaucoup fait parler mes détracteurs comme mes fans. Les premiers y dénoncent un poseur capable de duplicité, affirmant que le vrai Thomas Savage est cet homme d'affaires impitoyable et raffiné. Les seconds pensent au contraire que je suis class et sexy. Allez comprendre ...

La porte s'ouvre sur mon ami, les cheveux encore humides, vêtu d'un simple jogging, la serviette éponge à la main. Le voilà, le véritable maître de la multiplicité. Jess parait le plus souvent sûr de lui, arrogant, séducteur. Un homme dont la réussite fulgurante n'est due qu'à son génie visionnaire et à son sens des affaires. Un homme à qui tout réussit. Du moins en apparence. Mais ce matin, ce n'est pas l'arrogant homme d'affaires qui m'ouvre la porte, même si le génie est bien présent. Ce regard qui vous perce à jour et lit jusqu'au plus profond de votre âme. Cette clairvoyance, cette intelligence qui l'habite comme une étincelle, elle est toujours là, quelque soit la tenue qu'endosse Jess.

Pourtant ce matin, l'éclat du génie est teinté d'un égarement, d'une peur, d'un doute. C'est un petit garçon perdu qui me tombe dans les bras. Je l'embrasse sans fausse pudeur et lui donne des tapes affectueuses dans le dos.

- Bonjour Jess. Me voilà ! ... Tu as une sale tête.
Dis-je en riant pour masquer mon inquiétude de lui voir les yeux cernés de traces violettes et trop brillants à mon goût.

Je connais bien ses addictions pour lesquelles je n'ai aucun penchant. Quand je vais mal, c'est l'alcool ma fausse amie. Pas que ce soit mieux, mais la descente aux enfers est moins fulgurante. J'aime à croire qu'on a plus de temps pour s'en tirer avant de claquer. Je sais que Jess est cocaïnomane au quotidien, qu'il carbure aussi aux amphétamines et plus rarement à l'alcool, parce qu'il dit que ça lui fait perdre de son efficacité. Je sais les ravages que ce cocktail explosif peut faire dans un corps. Je le vois bien avec Jimmy, notre claviériste, lui aussi un génie à n'en pas douter. Aujourd'hui Jess a la tête de celui qui a tout consommé et j'ai peur d'entendre les raisons de cet état. Pourtant c'est mon rôle d'ami de tout entendre. Alors je vais le faire.

- Jess, tu voulais me parler de quelque chose. Je suis là pour ça ...  



©️️ 2981 12289 0
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
LOGISTICS
Messages : 9
Date d'inscription : 04/08/2018
Jess Cameron
Les rêves d'un autreWhat if I wanted to break
Laugh it all off in your face
What would you do?
What if I fell to the floor
Couldn't take all this anymore
What would you do, do, do?
Come, break me down
Bury me, bury me
I am finished with you( Thirty Seconds  To Mars → The Kill (Burry me) )
Mon café en main, je passe en revue d'un air blasé mon imposante garde robe et fais le constat préoccupant que je n'ai aucune envie de m'habiller ce matin. Recevoir Tom à poil pourrait être fendard et d'ailleurs je l'ai déjà fait pour répondre à une interview d'un journaliste particulièrement con. Ce dernier m'avait déjà allumé dans un de ses articles en insinuant que MIL.OA n'était qu'un festival de bourrins testostéronés  homophobes et machistes. Forcément voyons, puisqu'il revendiquait une facette ouvertement dédiée au Metal. Tous des brutes bornées et acculturées ces metalleux ! Aucune éducation, aucune instruction, aucune conscience sociale ou affective et encore moins morale. Et bien sûr il était évident que le festival allait générer des vagues d'agressions dans les pays que nous traverserions et devenir la plaque tournante d'un trafic de drogue international. Ben voyons, quelle objectivité et quelle recherche des faits! J'avais sous les yeux un article sacrément documenté !

En lisant cette diatribe, j'avais estimé que le média qui lui avait ouvert ses colonnes ne méritait même pas que je me torche avec. J'avais simplement demandé à mon service de presse de convier ce gratte papier pour une interview exclusive que son rédac chef ne manquerait pas de lui imposer de couvrir. Une interview exclusive et à domicile d'un des personnages les plus controversés du show biz, même si on hait et méprise le type, cela ne se refuse pas. J'avais donc donné congé à ma gouvernante et l'avais reçu seul dans ma propriété de Seattle. J'avais laissé la porte déverrouillée et lorsqu'il avait sonné, j'avais crié "entrez!" et il m'avait trouvé dans mon salon au piano, jouant un concerto de Beethoven avec pour seul vêtement, une queue de pie. Sous l'élégante veste, j'étais totalement nu sur mon tabouret de piano en velours. J'avais achevé le mouvement sous son regard gêné. Puis je m'étais levé et lui avais servi une coupe de champagne et m'étais assis près de lui en le fixant dans les yeux. Bien sûr au cours de l'entretien, j'avais déboulonné toutes ses certitudes et envoyé paître tous ses préjugés, au sujet de MIL.OA, de moi-même et plus important, de la musique. Mais je l'avais fait sans violence, juste avec humour. Lorsqu'il m'avait quitté, il était complètement retourné dans tous les sens et avait mon numéro de portable en poche. Par la suite, j'avais couché quelques fois avec lui, pour le plaisir. Il était plutôt beau gosse et pas si con que ça une fois éclairé sur les nuances de la vérité qu'il tenait pour certaine avant de me connaître. A poil devant mon miroir, je me marre encore à ce souvenir déjà lointain.

Bien entendu accueillir Tom dans la même tenue n'aurait pas vraiment la même signification, hormis le fait qu'il n'est absolument pas bi, mais totalement hétéro, ce qui le ferait voir cet accès de fantaisie comme simplement ...un accès de fantaisie et rien de plus. On a un peu passé l'âge de ce genre de connerie, encore que ... Les dernières en date n'étaient pas si vieilles. Mais aujourd'hui, je n'ai vraiment pas le cœur à déconner. Ni le cœur à rien, en fait. Même si je suis extrêmement heureux de voir mon ami. J'enfile un jogging et un t-shirt fatigué des Joy Division et je me balance un petit Concerto du bon vieux Ludwig sur la platine. Celui-là même que j'avais joué au journaleux. Je m'éponge mes cheveux dégoulinants quand j’entends frapper à la porte. Alors que l'intro de l'"imperator" se fait entendre, je me dirige d'un pas nonchalant vers l'entrée et je tourne la poignée. Et voilà mon Tom, sapé comme un prince, costume tiré à quatre épingles, pas un cheveu qui dépasse, et pourtant il a une sacrée tignasse. Son look de tombeur quoi.  Aussitôt un sourire nous étire les lèvres mais je sais immédiatement que Tom n'est pas dupe. Son œil avisé d'ami a percé à jour ma nonchalance feinte et surtout les abus des derniers jours. Des derniers mois.

Il ne me loupe pas et attaque d'entrée. Putain, il va pas faire chier avec des leçons de morale à deux balles. Je manque de lui dire de pas commencer son laïus mais je me retiens au dernier moment, touché par son regard vraiment inquiet et triste. Je lui tapote l'épaule en l'invitant à entrer jusqu'au salon.

- Bon, fais pas cette gueule de six pieds de long, Tom ! Je suis pas encore mort. Allez ! Moi je suis content de te revoir, même si, excuse-moi, mais toi aussi tu as une sale gueule. Vous avez fêté un peu trop votre arrivée ou quoi ? Ahaha! Sacré Tom va ! Ariana va bien ? Et Nick, et Jimmy ?  Et tout le monde ?  Vous avez fait bon voyage ?

Tom s’assoit et je me sers en whisky tout en lui en proposant un. Je hoche la tête en silence et m'asseois dans le fauteuil face à lui...

- Ouais, j'ai des choses à te dire ... Tom ... Et aussi à te demander ... Je sais que tu n'aimes pas en parler mais pourtant je vais te demander la plus grande franchise à ce sujet. Je crois que tu ne m'as pas tout dit et qu'il est plus que temps. Avant que je devienne totalement barge.


Je prends mon paquet de clopes et allume la seconde de la journée. Il est encore un petit tôt pour un petit joint. Je tire une taffe et expulse la fumée vers le plafond. J'allonge mes jambes et pose les pieds sur la table basse.

- Tom ... Que sais-tu au sujet du Mécène ?
©️️ 2981 12289 0
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
MUSICIANS
Messages : 13
Date d'inscription : 03/08/2018
Tom Savage
Les rêves d'un autreWhat if I wanted to break
Laugh it all off in your face
What would you do?
What if I fell to the floor
Couldn't take all this anymore
What would you do, do, do?
Come, break me down
Bury me, bury me
I am finished with you( Thirty Seconds  To Mars → The Kill (Burry me) )
J'y suis allé un petit peu fort et assez vite avec Jess, mais nous avons toujours fonctionné ainsi lui et moi dans nos échanges. Franchise, honnêteté et fulgurance. Encore que sur ce dernier point Jess me bat à mon propre jeu avec ses idées sorties de je ne sais où. D'habitude j'ai en face de moi un type qui a du répondant mais je vois bien qu'aujourd'hui il n'est pas lui-même. Est-ce que les abus finissent par prendre le dessus sur le génie qui l'anime ? Est-ce autre chose ? Quelque chose que je redoute au plus haut point  ? J'élude les questions sur les raisons de ma sale gueule. Ce qui m'arrive me préoccupe et c'est un sujet que je devrai tôt ou tard prendre en main avec le groupe et plus particulièrement avec Ariana, mais ce n'est pas la raison qui m'a fait répondre à l'appel de mon ami. J'ai à peine le temps de formuler une vague raison à ma mine de déterré que ses questions suivantes confirment mes pires craintes.

- L'arrivée du groupe a été quelque peu mouvementée hier. Je ne vais pas te mentir, on s'est un peu pris la tête entre nous. Je sais que tu le sauras de toute façon. Le Boss sait toujours tout, pas vrai ? Mais rassure-toi nous sommes tous déterminés à tout donner sur scène pour la tournée. Plaisanté-je avant de me taire pour l'écouter.

Je m’assois et accepte son verre de whisky même s'il est tôt pour commencer et que ce n'est pas tellement indiqué dans nos états respectifs. Mais après tout, nous sommes tous deux des têtes brûlées, des flambeurs de vie, à nos dépens, je le crains. Il met des formes dans sa requête, ce qui ne lui ressemble guère quand il s'adresse à moi. Je l'ai vu manipuler plus d'une fois un auditoire en adaptant ses mots et en préparant le terrain, mais jamais il n'avait usé de ces stratagèmes avec moi auparavant. Je me sens déjà mal à l'aise mais sa première question me fait comprendre que ce qui va suivre est ce que je redoutais le plus le concernant.

- Je suis ton ami, Jess, arrête de me parler comme si j'étais un putain d'avocat ou pire un suspect qu'un flic interroge. Je serais toujours aussi franc que possible avec toi, tant que j'estime que tu peux l'entendre sans me tourner le dos. Le Mécène ? Ce type qui finance en partie MIL.OA et t'envoie des CV de personnes à employer ? Que veux-tu que je te dise de plus à son sujet ? Je crois que tu le connais mieux que moi.

Je vois Jess plisser les yeux puis les fermer, je vois ses mâchoires se contracter et son poing gauche se serrer sur le coussin posé à côté de lui sur le canapé.

- Jess, que se passe-t-il ? Pourquoi dis-tu que tu vas devenir dingue ?





©️️ 2981 12289 0
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
LOGISTICS
Messages : 9
Date d'inscription : 04/08/2018
Jess Cameron
Les rêves d'un autreWhat if I wanted to break
Laugh it all off in your face
What would you do?
What if I fell to the floor
Couldn't take all this anymore
What would you do, do, do?
Come, break me down
Bury me, bury me
I am finished with you( Thirty Seconds  To Mars → The Kill (Burry me) )
Je fronce les sourcils en entendant les réponses de mon ami. Tout d'abord, il m'annonce que les membres de son groupe se sont un peu pris la tête et ça, si c'est assez fréquent dans les groupes , ce n'est pas tellement l'habitude au sein de Dawn Symphony qui a toujours eu une attitude très pro, sans doute prônée et maintenue par Tom lui-même. Sil a perdu la main sur son groupe, c'est sans doute qu'il y a des tensions nouvelles qu'il peine à maîtriser. Tous les deux, nous nous connaissons assez pour savoir que nous sommes d'une certaine façon des maniaques du contrôle. J'imagine sans peine que cette situation doit le déstabiliser au plus haut point.

- Mec, tu m'en vois désolé. Je veux dire pour votre prise de tête... Probable que j'en aurais entendu parler tôt ou tard, mais je te fais confiance. Je sais que tu vas gérer...Si je peux t'y aider, d'une manière ou d'une autre, tu sais que tu peux compter sur moi ...


Je descend une rasade de whisky avant de poursuivre sur un terrain plus pentu.

- Tom ... Pas de ça avec moi ... Tu es un musicien et c'est pour cela que nous nous sommes rapprochés et sommes devenus amis... Mais tu es aussi le PDG de Savage Inc et un homme d'affaires redouté et redoutable. Si tu n'en sais pas plus que moi, c'est ce que tu dis, admettons ... Au sujet du Mécène... Tu as des relations dans le monde des affaires. Ton cartel financier est côté en bourse et tu as le bras plus long que celui qui joue de la guitare. Je suppose donc, et sans doute à juste titre, que tu peux avoir des renseignements, par tes relations, sur celui qu'on connait tous les deux sous le nom de Mécène.

Tom tire frénétiquement une clope de son paquet et se l'allume dans la foulée. Instinctivement je sens que j'ai tapé dans le mille. A voir son malaise, j'en ai presque du regret de lui infliger cela  quelques minutes après nos retrouvailles, mais l'angoisse qui me boue les tripes depuis des semaines est plus forte que mes regrets. J'espère seulement que ce que j'exige ne va pas me coûter mon amitié avec lui. Tant pis, je me lance sur ce terrain glissant.

- Dis-moi, Tom, tu te souviens de notre première rencontre ... Quand tu es venu me trouver avec ton album sous le bras pour me demander de prendre part à mon festival ?

Tom baisse le nez dans son verre de whisky et soupire en souriant.

- Tu m'as dit que tu trouvais l'idée géniale et que tu voulais en être... Sauf que Dark Symphony n'avait absolument pas besoin de MIL.OA pour se faire connaître. Vous étiez déjà sur une pente ascendante et mon festoche n'était qu'un truc local dans la banlieue de Seattle. Pourquoi as-tu tellement insisté pour que ton groupe en soit ?


Le sourire de Tom se crispe et je vois ses mains jouer avec le verre de whisky que je viens de lui servir. Il le sait, j'ai toujours été très réceptif à ce genre de signes. La posture corporelle des gens m'indique sans que je le veuille vraiment leur état d'esprit. C'est à la fois un don et une malédiction.

- Tom, pourquoi t'es-tu intéressé à moi ? A mon projet ? Celui d'un jeune diplômé en communication ? Qu'est-ce que tu en avais à battre d'un commercial de seconde zone ? Et d'un petit festival local ?

En prononçant ces mots, j'ai le regard rivé sur celui de Tom et je guette le moindre trouble que je pourrais y lire, les yeux dans les yeux.


©️️ 2981 12289 0
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
MUSICIANS
Messages : 13
Date d'inscription : 03/08/2018
Tom Savage
Les rêves d'un autreWhat if I wanted to break
Laugh it all off in your face
What would you do?
What if I fell to the floor
Couldn't take all this anymore
What would you do, do, do?
Come, break me down
Bury me, bury me
I am finished with you( Thirty Seconds  To Mars → The Kill (Burry me) )
Nous y voilà! Ce que je redoutais est en train d'arriver. J'ai peur de ce que que je vais devoir dire mais plus encore de ce que je ne pourrais pas dire. Pas tout de suite en tout cas. Jess ne le supporterait pas. Qui supporterait ce que j'ai appris à son sujet, au sujet de ce qu'il est ? Je suis terrifié à la pensée du mal que cela va lui faire et je suis hanté, depuis que je sais, par la réaction qui sera la sienne. Jess est d'une intelligence hors norme, presque vicieuse par fois, mais terriblement affûtée. Je comprends à son regard qu'aujourd'hui il ne lâchera rien. Il est déterminé à me faire parler, à me faire cracher tout ce que je sais. Comment s'est-il douté que je savais des choses et pourquoi veut-il des réponses depuis quelques semaines précisément? Que s'est-il passé, que lui est-il arrivé de spécial dernièrement pour qu'il ai besoin de gratter certains détails dont il se foutait avant ?

Je dois déjà m'employer à savoir l'origine de cette soudaine angoisse, afin d'évaluer jusqu'à quel point je dois lui révéler certaines choses. Le Mécène me dirait "point zéro" mais je sais que ne rien dire serait comme amorcer une bombe à retardement qui pourrait nous péter à la gueule à n'importe quel moment. Jess en serait la première victime, et secondairement MIL.OA, moi, Savage Inc, et bien sûr le groupe, Ariana, les autres. Bref, ce serait comme une onde de choc dévastatrice.

- J'ai peut-être le bras long, mais encore faudrait-il savoir quoi chercher. Le Mécène, c'est le nom qu'il se donne et ce qu'il est pour MIL.OA. Je ne vois pas comment faire une recherche sur un type qui se cache derrière ce titre sans avoir un début d'indice. Si cela se trouve le Mècène c'est une société écran derrière laquelle se cache 200 actionnaires ... Si cela se trouve, ce type n'existe pas ... Que veux-tu que je recherche, bordel, Jess ?


Le regard de mon ami me fait mal. J'y lis toute la détresse du monde et une souffrance nouvelle. Jess a toujours été quelqu'un de complexe et torturé, mais je ne l'ai jamais vu dans cet état-là depuis que je le connais.

- Tu l'as dit toi-même, Jess, c'est la musique qui nous as réunis. J'ai trouvé que MIL.OA était un putain de beau rêve, un projet d'envergure. Peut-être qu'au début ce n'était qu'un petit festoche local au milieu des champs, mais quand on voit ce que tu en as fait. J'étais certain que ça décollerait, tu peux appeler ça le nez de l'homme d'affaires. Je voulais pouvoir dire que Dawn Symphony avait été de la partie aux prémices de l'aventure. On est venus trois fois oui, enfin c'est la troisième. Et MIL a évolué tout comme le groupe, durant ces dix années. Il a déployé ses ailes et pris de l'envergure. Je ne regrette rien.

Je me lève pour aller voir par la fenêtre ce qui se passe à l'extérieur. Je vois aller et venir tant les employés de MIL que les artistes qui vaquent à leurs occupations. MIL est une petite ville dans la ville quand elle s'installe quelque part. Un peu comme les forains, ce dont Jess s'enorgueillit. Il a toujours eu une fascination pour les métiers itinérants.

- Mais il n'y a pas que la musique ... Tu es un type incroyable, je ne sais pas si tu en as conscience, mais tu as bouclé plusieurs cursus universitaires en cinq ans, tu n'es plus le petit étudiant en commerce que tu étais à 23 ans. Pourquoi n'es-tu pas capable de voir ce que tu as accompli en dix ans  ?

Je me retourne pour m'approcher de mon ami qui est étalé dans le canapé et m'écoute, le regard absent.

- Jess, qu'est-ce qui te met dans cet état ? Je sais que chaque année avant l'ouverture du festival, tu es hyper stressé, mais je ne t'ai jamais vu si perturbé. Qu'est- ce qui t'arrive ? Pourquoi dis -tu que tu vas devenir dingue ? Tu l'es déjà. Tentais-je pour détendre l'atmosphère en plaisantant.
©️️ 2981 12289 0
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
LOGISTICS
Messages : 9
Date d'inscription : 04/08/2018
Jess Cameron
Les rêves d'un autreWhat if I wanted to break
Laugh it all off in your face
What would you do?
What if I fell to the floor
Couldn't take all this anymore
What would you do, do, do?
Come, break me down
Bury me, bury me
I am finished with you( Thirty Seconds  To Mars → The Kill (Burry me) )
Je sens bien que je pousse Tom dans ses derniers retranchements avec mes questions et je vois toute la duplicité de l'homme d'affaire se déployer sous mes yeux. Si je n'avais une grande confiance en lui, fondée par l'amitié qui nous lie, je pourrais penser qu'il essaie de me la faire à l'envers, et ce en raisons de tractations directes et secrètes avec le Mécène. Mais si besoin était, les livres de compte sont là pour attester que Monsieur Savage ne me double pas, ne se met pas de l'argent dans la poche, enfin, si, il s'en met avec ce que lui rapportent les actions de MIL qu'il a acheté, mais rien d'illicite que je n'ai approuvé. Ce n'est pas dans les gains ou les dividendes que réside l'arnaque qu'il me vend. Alors quoi ? Où est la faille ? Que me cache-t-il au sujet de MIL.OA et du rôle que joue le Mécène dans son sein ?

Mais mes questions finissent par se retourner contre moi et Tom y répond par d'autres questions après avoir effectué une pirouette stratégique. Espèce de requin!

- Je me fous bien que le Mécène soit un poulpe à huit bras ou une hydre à sept têtes, ou même un martien. Ce que je veux savoir, c'est pourquoi il a mis tant de billes dans le capital de MIL. Autant que toi, ce qui fait de vous deux les principaux actionnaires après moi. Si vous formez une coalition, vous pouvez très bien m'éjecter de ma propre société. Et surtout, pourquoi chaque fois que je fais un emprunt d'investissement, votre part de capitaux augmente ?

Jamais aucune demande de prêt ne m'a été refusée quand j'en avais besoin pour investir dans l'agrandissement du festival, mais chaque fois ce fameux Mécène et Tom étaient les garants cautions. Plus MIL prospère et prenait de l'ampleur, et plus je suis redevable envers les deux. Concernant Tom, cela ne m’inquiète pas puisque c'est mon ami et que nous avons en commun la même passion qui nous pousse à faire prospérer le festival. Mais au sujet de ce Mécène, je ne sais pas de quoi il retourne. Depuis le début, il a financé mes études, mes projets, soutenu mes rêves de la même façon que Tom. J'en viens même parfois à me demander si Tom n'est pas ce fameux Mécène, et ainsi propriétaire de la majorité de MIL.OA. Mais formuler à voix haute une telle éventualité lui donne trop de réalité pour que je puisse me résoudre à le faire.

- Ecoute, Tom, ce que je sais, c'est que quand j'ai achevé mon cursus commercial, j'avais ce rêve en tête. Tu as débarqué dans ma vie à point nommé. Je t'accorde que notre lien d'amitié est très fort, que notre passion commune est le fondement du projet. Tu étais un jeune héritier plein aux as et tu as investi dans un projet lucratif et correspondant à ta vision des choses. Jusque là, ça se tient, même si je me dis que j'ai été doublement vernis de me faire un ami si génial et friqué à la fois. Mais admettons que tu sois tombé amoureux de mes neurones. Tu t'es pointé dès le départ avec cet autre investisseur et tu as mis comme condition sur le tapis qu'il fasse partie du montage et du conseil d'administration par procuration, la tienne.

Je déroule lentement mais sûrement toute mon argumentation longuement méditée durant ces dernières semaines. Je vois les défenses de Tom tomber une à une et son visage crispé est devenu d'une pâleur extrême. Peut-être ne s'attendait-il pas à un décorticage aussi poussé et lucide des faits ?

- Je suis prêt à tout entendre, Tom. Même que tu as créé des emplois fictifs pour tes maîtresses au sein du consulting de MIL.OA, que tu prépares l'avenir de tes nombreux enfants cachés grâce à ce prête-nom du Mécène. Je préfère ça à ce putain de sentiment d'être ta marionnette et celle de l'autre. Et c'est pas la flatterie qui te tirera d'affaires cette fois -ci, putain de merde !
m'exclamé-je en balançant mon verre de whisky à travers la pièce.

J'adopte un ton et une attitude volontairement cinglants tout en sachant que je prêche le faux pour savoir le vrai. Pourtant, la dernière question de Tom, même si je percevais les accents de son inquiétude bien réelle, me mit littéralement hors de moi.

- Ahh oui, je suis dingue, c'est ça ! Je le suis déjà, tu as raison ! Mais vas-y, je t'en prie ! Fais-moi interner, débarque moi du poste de président du conseil d'administration ! C'est là que tu veux en venir, bordel ? A quoi tu joues avec moi ? A quoi jouez-vous tous les deux, le Mécène et toi ?

Je me suis levé d'un bond et je saisis les deux accoudoirs du fauteuil sur lequel un Tom livide est assis.

- Ce qui se passe, c'est que je ne dors plus parce que je suis réveillé par des cauchemars récurrents. Je me vois sur scène avec un groupe. Je vois même le logo de ce groupe en arrière plan derrière la batterie. "The Gypsy Masquerade". Est-ce que ça te dit quelque chose ?

Tandis que je prononce ces mots, des images me reviennent en flash-back. Je me revois le jour de mon anniversaire. J'ai 23 ans mais je porte des pantalons moulants d'une autre époque, et puis ... Et puis, il y a cette fille que j'ai bousculé dans la foule des fans. Une certaine Kiera ... Et la question me vient spontanément.

- Tom ... Qui est Kiera ? Qu'est ce qu'elle vient foutre sur MIL ? Pourquoi je la vois dans mes rêves alors qu'on ne s'est jamais croisés avant hier dans le village des miliens ?

Je secoue tellement le fauteuil que Tom en tressaute et que j'en ai mal aux bras.

- Si tu as un tant soit peu de considération pour moi, tu dois me dire si je suis timbré jusqu'à la moëlle ou si tu as un début d'explication à tout ça, Tom, je t'en conjure, parle !

La violence de ces mots que j'ai enfin réussi à exprimer et celle que j'exerce contre mon meilleur ami m'a vidé de toute mon énergie. Je me précipite vers mon secrétaire et en ouvre un petit tiroir. J'en extrais un sachet de poudre blanche qui apaisera toutes mes angoisses et je m'accroupis devant la table de salon pour en disposer un petit tas dont je formerai une ligne. Je me tourne alors vers Tom et son visage me bouleverse, laissant ma main en suspens.

©️️ 2981 12289 0
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
MUSICIANS
Messages : 13
Date d'inscription : 03/08/2018
Tom Savage
Les rêves d'un autreWhat if I wanted to break
Laugh it all off in your face
What would you do?
What if I fell to the floor
Couldn't take all this anymore
What would you do, do, do?
Come, break me down
Bury me, bury me
I am finished with you( Thirty Seconds  To Mars → The Kill (Burry me) )
Je m'attendais à des retrouvailles compliquées avec Jess. Tout m'y avait préparé depuis quelques mois en arrière lors de mon entrevue avec le Mécène, durant laquelle le vieux m'avait appris que mon ami l'avait harcelé au téléphone, ce qui n'était guère son genre, d'autant que Jess n'avait jamais caché son aversion pour ce mystérieux investisseur et donneur d'ordre que j'avais amené dans mon panier d'investissement. Les mails et appels qu'il m'avait également adressé ces dernières semaines n'invitaient pas non plus à la  sérénité. Mais j'étais loin de m'attendre à une telle violence, une telle suspicion de la part de mon ami. Il a tellement mal qu'il veut me faire mal. Et il y réussit.

Son comportement, ses insinuations me peinent profondément mais surtout, instillent une peur glaçante dans tout mon corps. Qu'a-t-il découvert ? Que sait-il exactement ? Est-ce que j'arrive trop tard pour éteindre l'incendie avec les demi-vérités que je suis prêt à lui accorder ? J'ai peur en voyant son regard fou, de ne pouvoir éviter à mon ami de sombrer dans la folie et, pire, de perdre la protection que le Mécène lui accorde. Il s'est relevé du canapé où il semblait au départ se remettre d'une nuit difficile tout en écoutant mes propos d'un air absent. Voilà qu'il me secoue alors que je me suis rassis sur le fauteuil près de lui. Voilà qu'il me hurle dessus sur un ton glacial, les yeux hors de la tête. Il m'accuse des pires turpitudes, et même de vouloir le faire passer pour dingue tout en se comportant comme s'il l'était vraiment. C'est du Jess dans toute sa splendeur.

J'essaie de glisser une protestation, en vain. Il est lancé. Mais sa voix se brise avant de repartir dans la colère. Tout sort en vrac, dans une incohérence verbale. Mais ce qui transparaît dans les dernières tirades confirme mes pires craintes. Il vient de parler d'une Kiera qu'il aurait vu sur le festival. Je sens une telle souffrance dans sa voix, et juste avant, il a évoqué ses cauchemars au sujet de The Gyspy Mascarade. Le piège se referme sur moi et je sais que je n'ai plus d'autre choix que de risquer de le rendre vraiment fou. D'autant plus lorsqu'il me supplie, au nom de notre amitié de lui dire la vérité. Écartelé entre la peur de mourir, de le condamner à mort et celle de perdre son amitié, me voilà au pie du mur, face à la pire décision qu'un ami puisse être confronté. Dire la vérité au risque de tout perdre, ou lui mentir en condamnant notre amitié. Car ce dont je suis certain, c'est qu'il saura si je lui mens. Il le sentira. Tout comme I.L.R.P. saura si je lui en dit trop.

Excédé par autant de tension, je suis anéanti, totalement abasourdi. Immobile, les larmes aux yeux, je le regarde se lever et ce que je pourrais prendre pour un répit, lorsqu'il se tait enfin et dirige vers son secrétaire se transforme en enfer lorsque je le vois en sortir sa saleté de came qui lui brûle le cerveau. Avec des gestes précis qui trahissent son addiction, il se prépare sa ligne. Hagard, je le fixe, écœuré autant de ce qu'il va faire que de la situation inextricable dans laquelle nous nous trouvons. Son regard croise le mien et son geste reste en suspens. Sans y réfléchir, je bondis et saisis son poignet.

- Arrête avec cette merde ! Toujours à fuir la réalité! Et tu veux que je te dise toute la vérité ? Bordel, Jess tu n'arrives déjà pas à faire face à celle, bien édulcorée, qu'on te sert depuis des années.

Il est à genoux devant la table du salon, comme un gamin qui aurait découvert une partie d'un secret de famille honteux mais qui veut quand même en savoir plus. Même si ça doit le détruire.

- T'es pas dingue, putain, t'es pas dingue, mon frère !

Je m'agenouille à mon tour et je balaie la poudre d'un revers de la main. Je l'ai empoigné par les épaules et je l'attire contre moi, une main plaquée sur sa nuque et l'autre qui lui caresse le dos tandis que je sanglote.

- T'es pas dingue! C'est ce monde qui l'est, Jess ... Il tourne pas rond ce monde.

Je lui caresse les cheveux, un peu comme une mère pourrait le faire. Comme si cela pouvait l'apaiser, m'apaiser.

- Promets-moi d'être fort ... Jess. Il va falloir être fort.

Je recule un peu et prends son visage entre mes mains. Ces yeux, ce regard qui me rappelle un autre, plus fatigué, plus vieux.

- MIL, c'est pas qu'un festival rock. C'est ça, mais c'est plus que ça. On les sauve, Jess. On les sauve! On leur évite la casse. Et tes cauchemars, tes visions, c'est des souvenirs... Tes souvenirs. Kiera, elle en fait partie...

Je me relève, le visage baigné de larmes, et je vais empoigner la bouteille de whisky que je me descends à grandes rasades. Il me regarde, toujours à genoux, le regard incrédule, les yeux plissés, les lèvres pincées, puis sa bouche s'ouvre mais aucun son n'en sort. Je sais que ça ne durera pas et qu'une tornade de questions va succéder à sa sidération. Une fois qu'il aura digéré le choc, d'autres vont suivre, que je ne pourrai pas lui épargner.


©️️ 2981 12289 0
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
LOGISTICS
Messages : 9
Date d'inscription : 04/08/2018
Jess Cameron
Les rêves d'un autreWhat if I wanted to break
Laugh it all off in your face
What would you do?
What if I fell to the floor
Couldn't take all this anymore
What would you do, do, do?
Come, break me down
Bury me, bury me
I am finished with you( Thirty Seconds  To Mars → The Kill (Burry me) )
Je me relève et je titube, à moitié K.O. de ce que je viens d'entendre. Je n'ai jamais vu Tom dans un tel état, le visage ravagé par les larmes. Même lorsqu'il évoquait son père qui avait fait de sa vie un enfer. Les mots qui viennent de sortir de sa bouche s'entrechoquent dans mon esprit. A mon tour, je saisis son poignet et stoppe son geste quand il veut descendre la bouteille de sky.

- Qu'est ce que tu essaies de me dire, putain, Tom ? Bien sûr que le monde ne tourne pas rond! Tu crois que je n'en ai pas conscience ? Je fais marcher MIL.OA. depuis dix ans et j'ai parfois l'impression de diriger une maison de fous. Si tu savais combien la plupart d'entre eux sont malheureux, détraqués, perdus !

Je lui arrache la bouteille des mains et m'en enfile une rasade à mon tour. Je réfléchis à ce que je viens de dire. Oui, tous les gens qui travaillent avec moi on un lourd passé, des blessures enfouies. Johanna Steiner ? le médecin qui dirige notre hôpital ambulant, m'envoie régulièrement des rapports sans divulguer ce qui relève du secret médical. Elle fait état de ce qu"elle est autorisée à me dire dans le cadre de la médecine du travail. Chaque mois, je suis tenu au courant de l'évolution de la santé de mes employés qui la consultent. Et puis, il y a les autres, ceux qui n'ont pas encore franchi le pas. Mais j'ai leurs dossier, avec leurs antécédents professionnels et psychiatriques. Je sais sans même avoir besoin de les consulter qu'ils ont tous une chose en commun. Je commence à comprendre que la clef de tout ça tient dans ce détail.

- Tous ceux qui travaillent pour MIL.OA, tous ces gens que j'ai engagés... Ils m'ont été recommandés par ton pote, le Mécène. Parfois je n'étais vraiment pas chaud en lisant leur profil, mais il insistait lourdement, en me disant que MIL.OA. constituait une seconde chance pour eux, l'espoir de recommencer une nouvelle vie ou même leur planche de salut. Pourquoi Tom ? Je te le demande à nouveau : qui est le Mécène ? Qu'est ce qu'il trafique ?


Mais mon trouble va bien au delà de ce questionnement. Tom m'a pris dans ses bras comme un frère qui voudrait me protéger. J'ai senti tout l'amour sincère qu'il me porte et je digère lentement ses mots. "Tu n'es pas fou! "

- Mes rêves, mes cauchemars, tu dis que ce sont mes souvenirs ? Comment cela serait-il possible ? Je n'ai jamais porté ce genre de vêtements et je ne connais pas ce groupe, "The Gypsy Masquerade".

Je m’assois dans le canapé et m'allume une clope pour faire retomber mes nerfs. Ça au moins je sais que Tom ne m'en empêchera pas. Je le regarde arpenter la pièce comme un lion en cage, en se passant les mains sur le visage comme il le fait souvent quand il est trop ému et qu'il essaie de rassembler ses esprits.

- Arrête d'aller et venir comme un rat dans sa cage et viens t'asseoir, bon sang, Tom ! Tu me files la gerbe à te regarder. Je vais finir par croire que c'est toi qui est totalement dingue avec tes histoires.
Dis-je sur un ton cinglant qui a tout d'un ordre. Je serre mon poing et le tends, menaçant, dans la direction de Tom.

- Maintenant que tu as commencé, qu'on en finisse! Déballe moi toute la vérité sur cette réalité édulcorée que "vous" me servez depuis des années, comme tu dis.

J'ai le sentiment d'être manipulé, d'avoir été mystifié par mon meilleur ami et je sais déjà d'instinct que le réveil va être douloureux et plein de désillusions. Mais une question plus  brûlante et personnelle me hante et je finis par la poser.

- Qui est cette fille, Kiera ? Et comment je la connais ? Je ne vois pas où j'ai pu la connaître et pourtant quand je l'ai croisée, je ... j'ai eu cette impression tellement forte ...  Si tu la voyais, Tom! Si tu voyais ses yeux ! Elle est tellement ... magnifique et ... touchante. Elle est mariée à cet abruti que le Mécène m'a recommandé, enfin imposé. Ce Grégoire Dujean, tu sais l'écrivain raté et alcoolo. Un sale type! Qu'est-ce qu'une fille comme elle fait avec un sale type comme lui, putain ! Qu'est-ce qu'elle a à voir avec toute cette merde ?


Je reprends la bouteille et m'en sert un verre, comme si ce geste dérisoire et plus civilisé pouvait me faire regagner un rien de dignité dans la tempête. Je suis en train de sombrer dans un cauchemar sans fond. Je regarde celui qui se prétend mon ami, avec des yeux chargés de haine. Je suis convaincu qu'il est le responsable de cet enfer, de ce rêve à deux faces qu'est MIL.OA. Une face magnifique qui fait vivre un rêve éveillé à des millions de fans, des centaines d'artistes, et la face sombre, celle où des spectres malheureux se débattent avec leurs ombres et essaient de donner le change en tentant de vivre une vie en apparence heureuse.

- Je te préviens, Tom, si tu ne joues pas cartes sur table avec moi, je jette l'éponge. Je balance tout à la Police et j'annule le MIL.OA de cette année. Je ne serai pas complice de tes turpitudes ! Tu dis qu'on sauve tous ces gens... moi je pensais qu'on leur offrait simplement l'emploi dont ils avaient besoin pour se construire une vie heureuse sur MIL.OA. et crois-moi, j'ai à coeur que chacun s'épanouisse. Je vois MIL comme une grande famille. Mais tu me parles par énigme  depuis le début de cette conversation. Et j'en ai trop entendu ... Ou pas assez !

Une fois de plus mon caractère impétueux reprend le contrôle parce que je suis excédé par ses demi-révélations, ses demi mensonges ou vérités. Même quand il prétend qu'il va tout me dire, il continue à me balader. Est-ce qu'il oublie qui il a devant lui ? Est-ce que je suis devenu un idiot décérébré à ses yeux ?Je repousse la table basse d'un grand coup de pied et l'envoie valser dans sa direction.

- De quoi, bordel, de quoi les sauve-t-on Tom ? Ils ont quoi ? Ils sont malades, condamnés, Ce sont des témoins protégés ? D'anciens détenus en reconversion ? C'est une expérience gouvernementale ? On est tous des cobayes ?  Pourquoi chaque embauche passe-t-elle nécessairement par l'approbation du Mécène ? Pourquoi cette clause fait-elle partie des aspects non négociables de son mécénat ?

Tom me connait assez depuis toutes ces années pour savoir que mes menaces ne sont  pas proférées pour la forme. Je suis réellement prêt à sacrifier le travail de toute une vie, mon rêve de gosse, pour que cessent ces visions qui me tourmentent, avec en écho, les souffrances que je devine chez tous ceux qui travaillent pour moi.


©️️ 2981 12289 0
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé
Revenir en haut Aller en bas
 
[Terminé]Les Rêves d'un Autre (pv Tom)
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» [Terminé] Un bon petit film [Emma]
» .~oO Cloud D. Cross | The Ashbringer Oo~. [ Retouches terminées]
» Un bain de soleil [Libre] {Hentaï} [Terminé ]
» [FINI]Oups... Ou comment penser à autre chose ! [PV]
» Prise en flagrant délit [pv] [terminé]

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
MIL.OA :: Music Is Life Open Air (zone RP) :: The village :: Mairie-