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MIL.OA

My life is music !
 







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 Retour vers le passé (pv Nina)

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Jaroslaw Malkovitch
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MessageSujet: Retour vers le passé (pv Nina)   Mar 18 Sep - 21:16

Retour vers le passé
~ Nina & Malko ~
In the day when you lost my smile
I crossed in sorrow gates of space and time
To change all those things we've done
That was last day when I saw the last ray of the sun
Cry for my anger
The pride is your shelter
We chose our days in wrong space, at wrong time
At the moment of death everything is behind
When your life is like your battlefield( Pathfinder → The Day When I Turn Back Time )
Francfort en approche . L'avion amorce un virage et incline son aile droite. Nous survolons la périphérie de la ville et j'ai un drôle de sentiment à l'idée de poser enfin le pied en Europe, et surtout en Allemagne, un pays que mes ancêtres ont foulé à défaut d'y être nés. Mon grand père y a travaillé, comme musicien, comme ingénieur du son pour des groupes de Metal qui sont maintenant des anthologies à part entière. Mon père m'en a parlé tellement de fois quand j'étais encore un enfant, puis un ados grattouillant sa guitare ou sa basse. Puis un jeune zico qui commençait à attirer l'attention des managers avec son groupe de potes.

L.A. est extraordinaire en cela que tout arrive très vite pour peu que vous ayez un petit talent, un peu de charisme et une bonne com derrière vous. A ce niveau nous sommes assez bien pourvus avec ma cousine
Irina. Depuis qu'elle nous a pris sous son aile, tout nous sourit. Enfin comme le dur milieu de la musique peut sourire à un groupe débutant. Il faut bosser sang et sueur pour prouver que nous méritons la confiance d'Irina et surtour de Klaus Gunzer le boss de MSG, label qui nous a signé après la déconvenue avec OCEAN SOUNDS. Ces affreux nous ont snobés au prétexte que nous faisons une musique trop ... trop quoi en fait ? Trop ambitieuse sur le plan des compositions, trop emphatique, trop classique et puissante. La bonne blague! Nous n'avons surtout pas la tête de l'emploi: trop old school dans notre look de metalleux à longs crins, trop trash dans notre discours pas très euh, pas du tout bourgeois. C'est surtout là que le bât blesse, car des longues crinières, ils en ont signées qui sont même devenues des pointures, tel le groupe tête d'affiche de ce festival itinérant: Dawn Symphony. Mais est-il besoin d'ajouter que leur leader est un fils à papa né avec un médiator en argent coincé dans le cul ? Oh certes, ils ont du talent et des compos majestueuses parlant de monstres, de guerres, de princesses perdues et de poètes maudits. Mais abordent-ils des sujets brûlants comme la crise économique, la pauvreté, l'injustice, les trust et multinationales qui gouvernent le monde, les préjugés raciaux et génériques ? Non.

Bon on pourrait nous accuser du même manque d'engagement dans nos textes un peu fantasy et utopistes mais il y a une double lecture à nos textes et j'entends bien le mettre en avant à l'occasion de cette tournée mondiale. Malgré les recommandations d'Irina et les menaces de Gunzer. Pour nous le hand horn alterne allègrement avec le doigt d'honneur au système. Pour autant, voler la vedette à ce gratteux au cul bordé de nouilles et à sa diva n'est même pas dans mes objectifs. Le premier étant de m'éclater avec mes potes et nos fans. Ce qui me plait d'ailleurs dans ce festival, c'est son caractère hétéroclite.On y voit de tout on va y côtoyer tous les styles de rock! Bon sang que ça me plait !Je n'ai qu'une hâte rencontrer tous ces artistes, échanger et me taper quelques délires bien arrosés avec eux ! Irina m'a prévenu du caractère très délirant de ce festoche itinérant et de l'étrangeté du type qui porte le projet. La façon dont elle m'en a parlé a fait clignoté tous mes voyants de cousin protecteur au rouge mais quand j'ai taquiné le goujon pour en savoir plus je n'ai eu droit qu'à un "va te faire foutre Malko, occupe toi de tes fesses, ouais il est canon mais trop bizarre, tu verras par toi-même." L'art subtil et féminin d'en dire trop et pas assez.

Mais ce n'est pas mon premier sujet de préoccupation à vrai dire. Je veux qu'on cartonne au MIL.OA. Qu'on mène nos fans à l'extase et nous en tête. Je suis confiant et pas tendu du tout, mais ce trip qui débute en Allemagne  a quelque chose de spécial à mes yeux. Je ne cesse de penser à mon grand-père en me disant qu'il aurait adoré le concept. Et à mon père Damian  qui vieillit tranquillement au milieu des oranges de Floride entre ses chevaux. J'ai envie que les deux soient fiers de moi. Peut-être même de le faire venir sur le site quand on passera au sud des States. Mon père n'a guère jamais su que jouer de la guimbarde et de cette guitare bizarre nommée dobro qui se joue à plat. Il a préféré garder le concentré de talent dans ses couilles, comme il dit, pour son fils. C'est dire comme il doit être fier de moi à l'heure qu'il est et je ne doute pas que le vieux va suivre toutes les retransmissions des concerts qui seront disponibles. J'ai aussi voulu signer ce fest parce qu'on passera par Cracovie et  Varsovie  et également par Prague. Un vrai retour vers mes racines qui se confondent avec le metal, les deux coulant dans mes veines aussi surement que la vodka.

Le voyage en avion a été long mais je sais qu'il y en aura de plus longs quand nous attaquerons la partie asiatique de la tournée. Pour autant je l'ai mis à profit pour composer encore et encore et mettre des idées sur le papier pour notre quatrième album. Je suis un fleuve intarissable de musicalité et quand je n'aurai plus d'idées, je ne donne pas cher de ma peau. J'en crèverai comme un mec qui n'arrive plus à respirer. A peine débarqués à l'aéroport de Francfort-sur-le-Main, nous avons été pris en charge par une navette du MIL.OA. Tomasz est mutique comme à son habitude, perdu dans sa méditation interne. Darius se ronge les ongles à son habitude, heureusement qu'il n'est pas gratteux, celui-là. Et les trois autres se lancent des gobelets vides sur la tête. Et moi au milieu de ce bordel, je cours pour vérifier que les trois chariots contiennent tous nos bagages. Comme toujours! Les metalleux ne voyagent pas léger. Pire que des filles. Ça vous étonne ? Moi pas. Sous nos dehors très brutes nous sommes des êtres angoissés et sensibles, en quête de perfection. En tout cas au sein d'Avalon c'est comme ça qu'on est. Même si trois d'entre nous n'en laissent rien paraître et se comportent comme des gosses.

Après un chargement laborieux, la navette arrive remplie comme un œuf sur le site et s'achemine lentement vers la réception de l'hôtel. Sauf qu'hormis un bungalow qui fait office de réception, on ne voit pas de bâtiment. Moment d'angoisse vite apaisé par la gracieuse hôtesse qui nous gratifie d'un clin d’œil, enfin surtout Darius, le beau gosse du groupe qui s'ignore. Le plus jeune et le plus fragile d'entre nous aussi. Après avoir signé le registre, montré nos pass dûment accrédités voilà qu'on nous annonce qu'on va être acheminés sur notre chalet avec des membres d'un autre groupe qui seront nos voisins de jardin. Les mots jardin et chalet nous interpellent. Sans doute une originalité du lieu pour nommer les étages ou les terrasses du bâtiment hôtelier encore pas visible. Nous nous entassons dans la fameuse voiturette qui est encore plus exiguë que la navette. Et ils prétendent ajouter les membre d'un autre groupe sur la banquette restante ? Sérieux ? Jamais ils ne tiendront. Est-ce qu'on va devoir les accueillir sur nos genoux ? Mais voilà qu'on nous dit qu'on va devoir attendre un peu car nos fameux voisins sont un peu en retard, encore à l'enregistrement dans le bungalow d'accueil. Trois d'entre nous continuent leurs délire en se jetant des pop-corn à la tête, Tomasz est plus méditatif que jamais mais son regard me dit tout autre chose, à savoir "je te l'avais bien dit, ta cousine est une planche pourrie" tandis que Darius dépasse tellement du véhicule qu'on le croirait près à sauter sitôt celui-ci en mouvement. Très pragmatique, je me dis simplement qu'il va falloir se serrer. Je balance à propos une injonction à mes potes.

-Hey ! Calmez-vous un peu et serrez-vous ! Les types de l'autre groupe doivent être aussi crevés que nous ! Plus vite on sera installés et mieux ce sera.
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Nina Emerson
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MessageSujet: Re: Retour vers le passé (pv Nina)   Jeu 20 Sep - 16:44

Retour vers le passé
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Je crois que je déteste l’avion. Pas que j’ai peur, non je m’en branle, si je dois crever dans un crash, ben, je crèverais dans un crash et basta. Mais rester assise pendant 12 putains d’heures, c’est une vrai torture pour moi. En plus, impossible de sortir la moindre gratte pour se faire un bœuf, tout est en soute. Alors j’ai écouté de la musique et écrit trois chansons. J’ai bien essayé de picoler, mais le champagne en seconde classe est vraiment infecte et ils ont refusé de me servir un quatrième verre de whisky, tout aussi degeu d’ailleurs. Sérieux, si je me fiche complètement d’être une rockstar, d’être connue, et que je joue juste parce que j’en ai besoin et sans autre objectif que de me faire plaisir et de ravir mon public, j’aimerais bien pouvoir voyager en première juste pour ce qu’ils servent à manger et à boire et pouvoir éventuellement prendre un jet pour faire ce que je veux dedans. Qu’est-ce que je vais bien pouvoir faire quand les voyages dureront plus de 24h ? Me droguer jusqu’à la moelle pour pas voir le temps passer ? Je vois que ça ouais.

Là, mon manager a vidé mon sac dans les chiottes de l’aéroport et a jeté toute ma dope devant mes yeux pour pas qu’on se fasse chopper à la douane. Ok, c’était peut-être mieux que de pas décoller pour cause d’arrestation, mais je l’ai quand même copieusement insulté, d’autant que, vu que c’était le petit matin, j’avais pas encore pris une seule trace de coke ! J’étais à jeun et j’aurais pas dû. Du coup le voyage a été long et entre deux compos, deux écoutes, je lui jette des regards noirs. Va falloir que je trouve un truc. Lui il est satisfait de son sauvetage, il y a de quoi, mais moi je suis dépitée. Peut-être pas dormir la veille, comme ça je dormirais dans l’avion. La comme une conne je me suis dit, reposes toi ma vieille, et je me suis couchée à une heure du mat pour dormir donc quatre heures. Juste assez pour pouvoir me lever et rejoindre le reste du groupe direction Francfort via LAX, mais trop pour me rendormir de suite dans l’avion.

Par contre, du coup, crevée et énervée, je calcule même pas l’autre groupe qui s’installe dans l’autre navette venue de MIL.OA avec les caisses en pagaille et les cheveux en bataille, ou pas. Je m’en fous, je veux… je veux quoi d’ailleurs ? Du speed, dormir, prendre une douche, un pain au chocolat, péter la gueule de mon manager et JOUER ! putain de merde oui, jouer, ça ça me ferait du bien.

__ Écoutez ça !

Je prends la gratte de Mike et plaque quelques accords avant de commencer une des chansons écrite dans l’avion. Je joue pas très bien, c’est le moins qu’on puisse dire. Pas foutue de bosser mes cours de guitare ni de solfège malgré l’insistance de ma grand mère, Delta alias Megan Tyler, leader des Tiny Suicide, un groupe de punk qui a fait un carton à son époque après une tournée mondiale officieuse auprès de Roadtramp. Ma grand mère était une déesse du rock, je vous jure, elle défonçait tout. Elle m’a transmis trop de choses, bon elle m’avait aussi dit que la drogue c’était mal, mais j’écoute pas toujours ce qu’on me dit, loin s’en faut. Élève indisciplinée et irrécupérable, n’en fait qu’à sa tête, improvise au lieu d’apprendre les morceaux, a cassé une guitare parce qu’elle n’arrivait pas à jouer. Mike me reprends la guitare avec un regard réprobateur, genre touche pas à mon bébé, surtout pour faire de la merde, laisse faire les professionnelles, un peu tout ça à la fois. Comme d’hab, le mec sent la vibe du morceau comme s’il était dans ma tête et il me suit en improvisant. C’est pas pour rien que c’est mon gratteux, je l’adore.

Le bordel sonne plutôt bien pour un premier essai. Tomtom, de son vrai nom Paul tape sur les sièges pour accompagner, et mon bassiste, Alex, chante la basse. Il m’accompagne au chant parfois, il chante super bien. Quoi qu’il en soit, nous voilà en train de péter le crâne du chauffeur et de mon manager, tendre revanche pour m’avoir fait passé 12h de vol à jeun, le cul vissé sur un siège coincé entre quatre autres sièges, devant derrière, sur les côtés. Je suis pas claustrophobe mais y’a des limites, Du coup là, je me lève, je danse, je saute. Je me fais vite remettre en place et je m’assois, me contentant de chanter pour finir. Quoi qu’il en soit, moi j’y connais rien en musique, sauf ce que ma grand mère me faisait écouter, plein de trucs en fait, mais j’ai pas de talent pour la musique, je trouve pas tout du moins. Par rapport à Delta, quedal, ça c’est sûr, mon talent est dans les mots éventuellement, les mélodies, ça m’arrive de me chiader aussi, mais pas toujours. Mais eux, mes zikos, mon groupe, je peux vous assurer qu’ils ont du talent et son mille fois plus bosseurs que moi, ce qui en soit n’est pas difficile. Mais plutôt déjantés aussi, c’est peut-être pour ça qu’on s’entend bien, que l’ambiance est si bonne et qu’on donne du plaisir aux autres parce que nous, on prends un pied de fou. Je suis la seule meuf qui pisse plus loin qu’eux. Enfin, métaphoriquement parlant. Parce que j’ai bien essayé de pisser debout et à part en foutre partout, j’arrive à rien. Mais c’est pas grave, je suis pas jalouse, je fais avec !

On arrive sur le site, le conducteur est sauvé, il va pouvoir nous jeter dehors et écouter le silence, doux doux silence. Et moi je saute du minibus. DE L’AIR ! Je tiens pas en place, une pile électrique. Je prends mon sac de sport avec mes affaires, pas grand chose, je voyage léger, mon micro, ma tenue de scène et quelques fringues pour trainer. Mon manager a dit en partant que c’était n’importe quoi et qu’il faudrait faire du shopping ici parce que j’allais jamais tenir tout le temps du festival avec deux jeans et quatre débardeurs. Moi je dis que ça dépend s’il pleut ou pas, mais que ça va le faire. En plus, j’ai aussi un short et un pull, donc voilà, ça va le faire. Et puis ce que j'ai sur moi, un jean slim noir troué aux genoux et un t-shirt noir déchiré au dessus du nombril avec une tête de mort en strass sur la poitrine. Mes bracelets, mes cheveux en bataille, deux longues chaines autour du cou

Et comme ça je peux porter mon sac moi même et j’ai quand même moins l’aire d’une conne que quand je demande aux mecs de m’aider à traîner une valise plus grosse que moi, dépendre des autres ça m'énerve, c’est même ma hantise. Eux évidemment ils sont plus chargés, les instruments déjà, rien que ça, et à priori, ils ont prévu de se changer de temps en temps pendant le festoche. Mouais… j’ai peut-être merdé. Mais hé, ils me prêteront des trucs…

Tiens est-que j’ai pris ma brosse à dent ? Et un pyjama ? Hum… Le seul truc que j’oublie jamais c’est ma brosse à cheveux, parce que si je l’oublie, je me retrouve avec une unique grosse dreadlock derrière le crâne en trois jours et après pour démêler ça, c’est une galère. J’ai les cheveux hyper longs et c’est vite le bordel.

Pour l’organisation les accréditations, le fait de vérifier que tout est en ordre, c’est pas moi qui m’en occupe, heureusement pour tout le monde. C’est papa Shultz, je l’appelle comme ça et allez savoir pourquoi, il déteste ça. Simon, notre manager. Il s’occupe de tout, mais du coup, ça fait du boulot et il met un peu de temps pendant que moi je fume une clope que j’essaye de transformer en joint à l’opium par la force de mon esprit, ce qui hélas ne fonctionne pas. Et que les autres ouvrent une bouteille de sky offerte par notre maison de disques pour fêter notre venue à MIL.OA. Je bouge d’une jambe à l’autre, je peux absolument plus me tenir tranquille, j’ai atteint mes limites, il faut que je saute… Heureusement, y’a personne à part mon groupe, donc je danse sur le morceau qui passe sur mon smartphone, un vieux classic de Freddy Mercury que je chante à tue tête pour ne rien arranger. Mais les autres membres d’Ice and Fire sont habitués. Ils me passe la bouteille et je bois quelques gorgées. Simon sort enfin de la réception accompagnée d’une charmante hôtesse que je gouterais bien, mais qui est probablement bien trop classe pour succomber à une taré comme moi

__ Bicycle ! Bicycle !

Simon a choisi le Calypso à cause du service hôtelier, c’est juste niveau budget, mais il a dit que sinon on risquait de ne plus me retrouver au milieu de mon capharnaüm et que j’allais encore oublier de manger et ingurgiter seulement du café et de la dope pendant tout le festoch et certainement mourir du coup. Sur ce point il n’a pas tort. Manger, sainement j’en parle même pas, mais juste manger déjà, c’est le genre de considération qui pourrait bien me passer au dessus, une fois perchée à dix mille entre la musique le speed et le kiff absolu d’être là, mes potes, l’alcool, bref la vie !
On se dirige vers le véhicule censé nous emmener sur place, les mots chalet et jardin ne m’ont pas interpellés parce que pour être interpellée il aurait fallu que j’imagine un hôtel et l'illogisme de tels termes, mais c’est pas le cas, j’imagine rien, je m’attends à rien, juste à prendre mon pied et à pouvoir sauter sur les lits histoire de me défouler. Une fois devant la voiturette, je me stoppe net, dépitée à nouveau.

__ Sérieux ? J'vais crever…

Je tends la main et, sans besoin de parler, Tomtom me tends la bouteille de sky dans laquelle je bois quelques gorgées avant de me décider à avancer. Il y a déjà une autre groupe et soyons franc, ils prennent vachement de place, moi j’ai du mal à rester assise, et il n’est pas exclus que j’explose sans prévenir à force de contenir mon énergie débordante et ils veulent qu’on rentre là dedans ? J’ai survécu, je sais pas trop comment, à 12h de vol, et je vais mourir étouffée là-dedans avant même mon premier concert. Quelle triste fin.

Enfin, ce que dit un des membres de l’autre groupe est carrément plein de bon sens, plus vite on sera installés dans nos… chambres d'hôtel, plus vite on pourra… SAUTER SUR LES LITS ! Jouer, tripper, picoler…

__ Merci les gars ! Nous c’est Ice & Fire.

Je monte en faisant les cornes du diable avec mes doigts en guise de bonjour. Je marche ou je peux mais je prends pas spécialement de gants, faut bien que le passe. Je me place de manière à pouvoir récupérer la guitare et la basse pour dégager mes potes et recule avec les instruments dans les bras pour qu’ils puissent monter. Par contre, la batterie… J’espère qu’il faut pas la caler là, parce que si non, heu… non. Je tends la bouteille de sky à qui veut pendant que Mike, Tomtom et Alex s’installent en saluant l’autre groupe.Simon nous laisse là, heureux de pouvoir enfin prendre congé et se reposer. Il a une chambre au Majestic lui, il se fait pas chier, mais moi je m’en fous, être dans un hôtel de luxe guindé ça me fait chier d’avance. Pi ça va nous faire des vacances… Va falloir que je trouve un dealer… Il m’a dit que c’était strictement interdit sur le site, mais sérieux, un festival de rock sans dope ? J’y crois pas une seconde…

Cependant, la place manque quand même un fois mes trois barbus entrés et je sens que ça va être pour ma pomme cette histoire. Je lance un regard noir à Alex qui me fait signe de venir sur ses genoux avec un sourire de pervers. Je sais que c’est pour rire, mais pourquoi c’est toujours moi qui m’assoit sur les genoux des mecs et pa l’inverse. Parce que je fais 45 kg et que s’ils s’assoient sur moi, je verrais plus rien et je sentirais plus mes jambes ? Argument de merde…

__ Putain… fais chier…

Je m'exécute et j’enfonce les os de mes fesses le plus profondément possible dans la cuisse de mon cher bassiste en signe de rébellion vengeresse.

__ Arrêtes Delta !

Oups, je lui ai fait mal… Ah oui, j’ai le même surnom que ma grand mère. Parce que… parce que c’est comme ça, c’est mon mentor et je vous demande des comptes sur vos surnom moi ? Bon, alors faites pas chier pour le manque d’originalité, je vous jure je vous en colle une !
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Jaroslaw Malkovitch
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MessageSujet: Re: Retour vers le passé (pv Nina)   Lun 24 Sep - 21:43

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Essayer de temporiser. C'est ce que je m'efforce toujours de faire depuis que j'ai l'âge de raison. Mais sérieux, quelle connerie cette idée! Parfois j'ai envie de lâcher prise et d'arrêter d'être le raisonnable de la bande. Mais il y a quelque chose qui me dit que  je ne dois pas. Une sorte de verrou en moi, qui me dit que je ne dois pas y céder sous peine de perdre le contrôle. Pourtant elle est là qui me guette depuis toujours à chacun de mes pas, la perte de contrôle! Et aujourd'hui la voilà qui se présente sous la forme d'une fille déjantée qui gueule qu'elle va crever. Accompagnée de plusieurs mecs dont un lui tend une bouteille, elle s'engouffre dans la navette et met le feu à ma bande de potes que j'essayais de calmer. Tous lui répondent en ricanant bêtement et en faisant le signe de la bête.

On se tasse, on se pousse pour laisser monter nos voisins de jardin. Pas des nains, soit dit en passant. Une tripotée de grands mecs ajoutée à la nôtre. Elle est la seule à me paraître menue et pourtant c'est elle qu'on entend le plus. Tomasz lève les yeux au ciel, maudissant silencieusement une fois de plus Irina, Darius se ratatine comme s'il pouvait entrer dans ses couilles. On est quatre à faire bonne figure mais ça ne dure pas longtemps pour moi. Sidéré, je réponds à ses présentations.

- Salut ! Nous c'est Avalon! Bienvenue dans la galère!

Je tape sur le toit du véhicule pour faire signe au chauffeur qu'il peut démarrer. Sérieux, on croirait presque qu'on prend un coche du XVIIIème siècle dans une banlieue du Londres victorien. Mais où sont les chevaux ? Je ne vais pas monter sur le capot du minibus pour aller prendre l'air ! Le véhicule s'ébranle enfin et je ne peux que contempler notre "invitée" qui martyrise les cuisses d'un de ses compagnons. Elle a l'air contrariée la demoiselle. Je me souviens d'une virée du groupe durant laquelle certains avaient fini sur la galerie de la bagnole, dans le canot pneumatique gonflable. Une petite voix me murmure des choses dans ma tête, et c'est pas du tout la même que celle qui me dit d'être sage. Une petite voix qui s'est réveillée lorsque j'ai croisé son regard. Un regard qui incendie et étire sur mes lèvres un sourire à la con.

- Eh mademoiselle ! Prenez ma place si vous voulez !

Sans plus attendre et sous le regard médusé de mes complices, je m'extirpe par le côté du véhicule et je grimpe sur le toit. Il y a effectivement une galerie sur laquelle ont été entassées quelques valises. Je m'assoies dessus et cale mes pieds à l'espèce de bastingage. De là-haut j'ai une vision d'ensemble de la route et du secteur. Darius aurait adoré l'impression fragile de solitude  et de tranquillité mais il est trop mort d'angoisse pour oser m'y rejoindre. Je m'allume une clope et je salue les passants qui passent, soudain rigolards en voyant le taré assis sur l'impériale du minicar.

- Hey ! Y reste de la  place ! Qui a les couilles de me rejoindre !

Immédiatement Francis et Mikael me rejoignent. Les plus barrés du groupe en apparence mais des gentils comparés à moi.

- Tain  y a mon violon ! Gueule Miki en extirpant son instrument des bagages.

On se marre. Francis me regarde et on hoche la tête en même temps tous les trois. Francis commence à taper sur le toit pour donner le tempo, Mik sort le archet et c'est parti. Cheveux au vent et le cul calé sur les valises nous voilà en train d'entonner To Holmgard and Beyond au grand plaisir des piétons que nous croisons. En dessous, les autres membres d'Avalon reprennent en chœur. C'est au second couplet que je gueule

- On a soif !  Reste une place pour qui a une bouteille !

Francis hoche la tête et se marre, Mik est dans ses batailles de archet. C'est tellement bon de se sentir vivant !

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Nina Emerson
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MessageSujet: Re: Retour vers le passé (pv Nina)   Mar 25 Sep - 14:56

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Le mec qui a demandé à ses potes de nous faire de la place présente son groupe et me sourit, je crois qu'il me mate. Il a jamais vu une punk de sa vie ou quoi ? Je plante mon regard dans le sien avec un sourire en coin avant de dire :

__ Déso, j’ai pas pris de douche depuis genre 24h.

Je me sens les dessous de bras, poilus -pourquoi s’épiler quand on peut ne pas le faire - et j’ai l’heureuse surprise de trouver que je ne sens pas aussi mauvais que je l’aurait pensé. Ca sent le fennec de toute façon avec tous ces mecs, mais je m’en fous, je suis habituée. C’est pas comme si on sentait la rose après un concert où on s’est démené comme des diables sur scène et qu’on se retrouve dans une loge commune pour picoler et même pas prendre de douche parce qu’il n’y en a pas. Ni après une répète de trois heures dans un studio minuscule et enchainer sur une nuit à danser ou à jouer ou à boire ou tout en même temps dans mon petit appart minable à LA ou dehors si le temps est clément, ou dans un bar avec d’autres gens qui puent ou tout ça à la fois, plus ou moins en même temps… Je m’en fous en fait, vraiment. Pas dit que j’apprécie pas même, ça sent la vie, la vrai vie, pas la vie en papier glacé qui vous vend du rêve rose bonbon et pue le bubble-gum ou la fausse fraise. Putain ce que je peux détester cette odeur, sérieux, fraise tagada, yaourts aromatisés, c’est à gerber. Les odeurs sucrées de filles qui ressemblent à des sucres d’orge bons à sucer, c’est pas mon truc.
Après il y a un juste milieu, peut-être, entre l’odeur de transpiration qui émane des corps exténués présents autour de moi et celle des magasins de bonbecs, mais qui se soucie, à cette heure là et après 12 heures de vol, du juste milieu des choses. D’ailleurs, le juste milieu, c’est pour les centristes et je suis pas centriste, je suis une putain d’anarchiste, donc le juste milieu je te le fous bien profond et je brûle la chandelle par les deux bouts. Parce que c’est comme ça que la vie mérite d’être vécue, à cent à l’heure, comme si tu allais mourir demain, et je chante comme ça aussi. Si c’est pour être un mouton de Panurge sagement installé dans sa petite vie de peigne cul, autant crever tout de suite, d’ailleurs, ils sont déjà morts, tous, highway to l’abattoir. Je préfère l’enfer moi. Les seuls qui sont vivants, c’est ceux dont le cœur bat en musique, que ce soit les zicos ou les fans, que ce soit la gamine qui chante sous sa douche ou la rockstar internationale qui se tape des putes de luxe. Music is Life. Enfin bon après, je vais pas m’envoyer en l’air avec un clodo pour le plaisir de renifler l’odeur de la crasse, ou me rouler dans le caca comme un chien, et je me lave quand même. Mais la transpiration ben en fait, c’est un truc assez normal et que les gens sentent pas hyper bon après un tel voyage et obligé de se serrer les uns contre les autres dans une mini voiture avec tout le matos, ben, oui, c’est une expérience olfactive qui mérite d’être vécue pleinement et ça sert pas à grand chose de se plaindre.

__ Ah mais volontiers, et toi tu déplop ?

J’explose de rire en hoquetant, pour ma propre blague, mais surtout pour le mademoiselle et le vouvoiement qui doit très probablement s’adresser à moi, mais qui ne me correspond pas franchement. D’ailleurs, les autres membres d’Ice & Fire gloussent aussi. C’est fort aimable à lui mais je vois pas comment il pourrait me laisser sa place. Je me tourne vers Alex et lui coince la tête dans mon coude pour le martyriser un peu en lui prenant le menton et en le secouant de manière à mettre sa bouche en cul de poule.

__ T’inquiètes, il aime avoir mal.

Mon bassiste me pince le flanc pour me faire lâcher prise. C’est de bonne guerre, j’arrête de l’embêter en hurlant de surprise plus que de douleur. Mais quand je me retourne, je me rends compte que le mec m’a vraiment laissé sa place. Je regarde un instant la place vacante avant d’entendre le dit galant homme interpellé ses potes. Moi j’entends surtout le mot couille et un défi que je ne peux pas ne pas relever. Donc évidemment, j’y vais, sauf que je galère à mort parce que je suis beaucoup plus petite et que j’ai moins de force pour grimper la haut que le grand type sympa. Heureusement, mes potes m’aident et m’éviter probablement une chute mortelle. Mais entre temps, deux autres musiciens d’Avalon sont montés. Ils me tendent leurs mains pour m’aider. Une fois sur le toit, je m’installe et je bug. Je m’attendais pas à ça, c’est juste beaucoup trop cool d’être là. Je regarde la route défiler, les gens nous regarder comme des extra-terrestre, j’écoute le violon. Cette fois-ci je souris à… je sais même pas comment il s‘appelle ce con. Franchement, c’est un putain de bon délire.

Je tend la main vers le bas en m'accordant tant bien que mal au bastingage pour récupérer la bouteille que Tomtom me tend. Elle est presque finie hélas, j’espère qu’on arrive bientôt. Je bois une petite gorgée pour en laisser aux autres et je fais tourner en commençant par ce qui, donc, doit être le chanteur d’Avalon. Je connais pas la chanson mais rapidement le capte la mélodie et j’improvise des vibes en frappant dans les mains, je sais pas où est mon tambourin. Dès le deuxième refrain, je chante en chœur avec les autres, presque sans me gourer de paroles et pour finir je gratte mes ongles, longs, mais pas franchement manucurés sur une valise. Puis j’applaudis avec un immense sourire qui éclaire mon visage de toute la joie que je viens de ressentir et qui coule à présent dans mes veines. Je sais que mes potes sont en train de kiffer aussi et prise dans la frénésie de ce moment magique, je commence à capella : Feeling Good

Birds flying high you know how I feel
Sun in the sky you know how I feel
Breeze driftin' on by you know how I feel

It's a new dawn
It's a new day
It's a new life For me
It's a new dawn
It's a new day
It's a new life For me
And I'm feeling good


Alex chante le trombone et Mike l’accompagne avec la guitare pendant que Tomtom qui vient de sortir ses baguettes de sa poche tape sur les appuis têtes suites devant lui. Music is Life, s’il fallait une preuve, la voilà. Dans toute sa majesté elle réunit les pauvres voyageurs que nous sommes et nous fait vibrer à l’unisson avec l’univers. I'm feeling fucking good. Je m'appelle Nina, c'est pas pour rien, mais tout le monde connait cette chanson, enfin je crois...
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Jaroslaw Malkovitch
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MessageSujet: Re: Retour vers le passé (pv Nina)   Sam 29 Sep - 22:14

Retour vers le passé
~ Nina & Malko ~
In the day when you lost my smile
I crossed in sorrow gates of space and time
To change all those things we've done
That was last day when I saw the last ray of the sun
Cry for my anger
The pride is your shelter
We chose our days in wrong space, at wrong time
At the moment of death everything is behind
When your life is like your battlefield( Pathfinder → The Day When I Turn Back Time )
La nana de Ice & Fire vient de nous rejoindre et je me marre en songeant à ce qu'elle m'a dit quand on était entassés. C'est sûr qu'en crapahutant comme elle le fait, elle doit pas sentir le chic à la fin d'une journée. De la même façon, je ne dois guère fleurer bon après les heures d'avion et le stress. Mais je m'en fous  un peu parce qu'on prend notre pied en chantant tous ensemble et que je trouve qu'elle a un charme dingue à défaut du chic. Elle s'intègre bien dans le délire ce qui prouve une belle capacité d'improvisation et d'adaptation. Voilà notre minicar devenu une musicomobile qui traverse l'espace des hôtels.

C'est dingue comme la pression des studios, les exigences du label et de Gunz me paraissent dérisoires à présent. C'est ça le vrai sens  de ma vie: éprouver du bonheur en faisant de la musique et en donner aux autres. Partager au cours de rencontres improbables. Faire des hasards de la vie le plus bel allié à ma créativité. C'est ce qui me fait vibrer et me donne l'essence pour composer. Lâché hors des obligations professionnelles, je suis méconnaissable et parfois imprévisible. Les gars d'AVALON le savent très bien. Je suis le premier à gueuler si on ne tient pas le planning ou si on déconne la veille d'un concert, mais aussi le premier à dérailler sec quand on est hors champ. Et là, c'est juste un moment totalement imprévu et magique qui aurait pu n'être qu'un tirage de gueules de musiciens fatigués entassés abusivement dans une fuckomobile, alors qu'on en a fait un moment de pur partage délirant. Je soupçonne un instant le mec qui a conçu Music is Life de l'avoir fait exprès pour obliger les groupes à être inventifs ou proches, à moins que ce ne soit qu'une histoire d'économie et de profit calculé par un gros enfoiré de capitaliste déguisé en mécène des arts. On verra à l'usage mais si c'est le cas, je risque de bien lui détourner ses tentatives de rabot lucratifs. Il ne le sait pas encore mais AVALON est assez réputé pour ses débordements hors scène.

Après notre chanson, elle entame spontanément un air hyper connu a capela que je reconnais bien. Je dois bien reconnaître que j'aime le ton chaud et les fêlures de sa voix. Cette fille a du talent et une présence. C'est fou ce qu'elle envoie, d'ailleurs je vois bien que Mik et Français sont touchés aussi. Moi je suis plus que touché, je suis troublé et ça m'emmerde un peu. Mais je ne peux m'empêcher d'avoir un sourire dans ma barbe de quelques jours en entendant les mecs d'Ice & Fire dessous de nous mêler leurs voix à la sienne pour chanter les instruments. C'est bluesy et plutôt planant mais les mecs de mon groupe restent bouche bée devant quelque chose qui vient de plusieurs décennies en arrière alors que nous pouvons jouer des morceaux inspirés par des compositeurs morts il y a des siècles. Paradoxe ? Non, je crois juste que la voix de cette fille est trop magique et qu'aucun de nous ne se sent de rompre la magie. Mais je sais,moi, que c'est l'âme d'une grande chanteuse qui plane à présent sur nous et je ne peux m'empêcher d'entonner le dernier refrain avec cette fille qui l'incarne avec tellement d'authenticité because ... because I'm feeling good.

Un instant suspendu dans le temps, nos voix qui s'élèvent un court instant ensemble. Je regarde mes mains, un peu gêné quand le silence retombe. Nous voici en vu de toits qui se révèlent être ceux de chalets en bois accueillants. Étrangement j'aurais voulu que quelques kilomètres de plus nous en séparent encore. Le mini bus se gare le long de l'allée et le chauffeur en descend et nous interpelle. Je mets du temps à réagir comme si j'étais ailleurs, encore sous le coup de ce partage délirant qui n'a duré que quelques minutes.

- Hé les mecs puisque vous êtes là-haut descendez donc vos bagages!

Toujours songeur je me fais bousculer par un coup de coude de mon batteur.

- Malko! On est arrivé! Tu deplop ou quoi ? Le chauffeur te parle !

Je souris bêtement à la fille et lui glisse en murmurant:

- Nina était parmi nous ! Bravo, t'as une voix de dingue. Moi c'est Malko. Et toi, comment tu t'appelles ?

Mik a déjà remis son violon en lieu sûr et passe les bagages aux mecs qui sont sortis du véhicule. Francis qui tient la bouteille qu'on a tous achevé l'un après l'autre a déjà sauté aussi. Me voilà debout sur l'impériale à côté de cette fille aussi déjantée que moi. Je la fixe avec un air un peu paumé, la tête légèrement penchée sur le côté. Je prends mon instantané pour mémoire. Ses cheveux en bataille, son t-shirt froissé et fleurant la transpiration, ses yeux d'un bleu que je n'ai jamais vu. Mon regard d'orage s'attarde sur les traits de son visage, ses courbes, revient à ses lèvres. Je n'ai aucune idée de e qui m'arrive et mes potes se méprennent sans doute sur mes intentions. Je les entends gueuler en bas en riant. J'ai envie de les étrangler un peu et de leur dire d'aller s'installer sans moi, mais Francis en rajoute une couche.

- Eh sérieux Malko, bouge ton cul ! On a soif et on est crevés ! Demande lui son 06 et descends de ton perchoir.

Je leur fais signe avec ma main droite de se la fermer et je me laisse glisser à regret le long de la carrosserie. Me foutant bien des conneries que peuvent déblatérer les autres, je crie à la belle inconnue :

- Hey ! Tu viens, je t'attrape !

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Dernière édition par Jaroslaw Malkovitch le Ven 19 Oct - 19:51, édité 1 fois
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Nina Emerson
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MessageSujet: Re: Retour vers le passé (pv Nina)   Jeu 4 Oct - 16:34

Retour vers le passé
~ Nina & Malko ~
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We chose our days in wrong space, at wrong time
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La musique a ce pouvoir de réunir les gens, de faire d’un moment de fatigue qui aurait ressembler au matin dans les transports en commun, visages fermés et regards vides attendant d’arriver à destination. Mais putain, quelle destination ? Le boulot, le dodo ou le linceul. La mélodie dit tout. Elle dit comment je me sens à l'intérieure, ma voix sort comme elle résonne dans mes tripes. Oui, je me sens comme un oiseau qui vole au dessus du monde, comme le soleil qui éclaire le ciel, comme le vent de liberté qui court entre mes doigts et dans mes cheveux.. Pourtant je suis crevée. Mais le violon, la voix de Malko, le morceau précédent, ça m’a empêché de me renfermer, ça m’a donné envie de m’ouvrir, de partager. Alors je partage mon feeling good. La musique sait tout exprimer, la paix, la guerre, la joie et la tristesse, l’amour et la haine, et c’est toujours beau. Ça aide à accepter que tous ses sentiments, parfois difficiles, parfois destructeurs, me traversent. Ça m’aide à dire ce que je ne peux pas dire autrement, parce que c’est bien trop violent s’il n’y a pas quelques notes pour adoucir les mots. Ces émotions, je les vis tellement fort, elle me prennent tellement fort dans leurs bras, parfois tendres, parfois mortels, que j’ai parfois du mal à garder pied. La basse pose les battements de mon cœur, elle dirige en douceur, la batterie c’est le cadre de l’ensemble, la guitare et ma voix, c’est l'énergie qui explose, la sensation qui se révèle dans toute sa complexité et toute sa brutalité.

__ Merci.

Je suis touchée qu’il aime ma voix, je la déteste la plupart du temps, mais ça me motive quand on me dit que je chante bien, moi je trouve pas. Ouais pour une chanteuse ça la fout mal de pas aimer sa voix. J’aime pas ma voix, j’aime bien les paroles que j’écris, j’aime pas comment je chante, je me trouve pas douée, mais en fait, j’ai besoin de chanter, si je ne chante pas, je m’éteins et je meurs. Alors pas le choix, je dois supporter ma tessiture bâtarde, mes fausses notes et mes cassures, c’est parfois une torture, parfois ça me brise presque autant que de ne pas chanter. Je dois supporter que tout ne sorte pas exactement comme je le voudrais, que tout ne soit pas aussi beau et parfait que je l’imagine. Que quand je suis pas échauffée, les aigus sont difficiles et que non, je ne peux pas tout chanter. Certaines notes sont hors de ma portée et ces limites sont pour moi comme les barreaux d’une prison que je rêve de briser, mais qui restent désespérément clos.

J’hésite une seconde, je m’appelle Delta et je lui ai déjà dit, mais je me décide à lui donner mon vrai prénom. Il a chanté le dernier refrain avec moi, il a écouté avec ses potes, un air pourtant super retro et pas très métal, c’est le moins qu’on puisse dire. l’espace d’une chanson, j’ai eut l’impression d’être une princesse, une vraie diva, une rockstar, d’avoir la capacité de clouer le bec à tout le monde avec un a cappella, un kiff total. Ça m’a fait beaucoup de bien, je lui dois bien ça.

__ Nina.

Je suis un peu déçue de voir apparaître les fameux chalets qui vont faire office de quartier général pour les prochains mois. Mais contente aussi, parce qu’on est arrivé à notre destination, et que cette destination ne ressemble vraiment pas à un linceul mais au début d’une magnifique aventure. C’est mignon, je m’y sens déjà bien et je sais que les meilleurs moments ont une fin. Mais est-ce la fin ? C’est la fin que si nous le décidons. En regardant le chanteur d’Avalon me regarder, je lui souris et je décrète en mon fort intérieur que ce n’est que le début. Il est rare que je remarque quand je plais à quelqu’un, pas que je sois inconsciente de mon charme, mais je m’en fous, je fais avec et si ça devient gênant, je remets les choses en ordre à ma manière. Sauf que là, le désordre que je peux apercevoir derrière ses prunelles qui me dévisagent, je n’ai aucune envie de le ranger, bien au contraire, je m’y perdrais bien un instant de plus. Mais c’est sans compter sur ses potes et les miens qui, tous descendus et chargés, nous attendent en signalant leur impatience.

__ Delta, on a plus rien à boire, nous laisse pas crever de soif, tu baiseras plus tard.

Merci Mike, je suis grillée... Je me relève. La place limité sur le toit fait que mon visage se retrouve à seulement quelques centimètres du visage de Malko. Un frisson me parcours l’échine alors que je sens mes yeux tomber sur sa bouche. Mais j’esquive, je me retourne et je fais mine de sauter, enfin plus exactement de slamer. D’un pas décidé vers le bord j’écarte les bras. Sauf que je suis folle, mais pas encore complètement débile, mes potes sont chargés et ne pourront pas me rattraper. Je me retourne alors avec une mine espiègle vers le chanteur d’Avalon qui est en train de descendre. Il me fait une proposition que je me dois de refuser. Je descend à mon tour par mes propres moyens après avoir balancé mon sac par terre sans ménagement. Je me laisse glisser jusqu’à ce que mon pied rencontre une prise, je lâche alors la galerie et je saute. En me redressant, je plonge mon regard d’eau vive dans le sien et je lui murmure :

__ Je suis pas encore assez défoncée pour me jeter dans les bras d’un parfait inconnu.

En réalité, j’ai pas besoin d’être bourré. Juste tranquille, enfin posée, pas pressée par les autres qui gueulent des insanités, pas pressée de m’installer, de poser mes bagages, de découvrir notre appart, pas gênée par l’idée de laisser le chauffeur se barrer de cet endroit qui est désormais à nous. Et si possible de retrouver un peu le contrôle de moi même, ou pas… Je sais pas trop si je veux contrôler cette situation, je sais pas si je veux laisser cette sensation prendre le dessus sur ma raison ou non. C’est vraiment très étrange et mon instinct est déboussolé. Je sais pas d’où ça sort, d’où ça vient, le pourquoi du comment. Et quelque part, je m’en fiche. C’est là, entre mes omoplates le long de ma nuque, dans la cambrure de mes reins. Était-ce le regard qu’il a posé sur moi, son compliment qui m’a touchée au cœur, le fait de chanter avec lui, nos deux voix se mêlant dans cette épopée improbable sur le toit d’une voiturette ? Un peu tout ça à la fois. Est-ce que je confond le plaisir d’un moment de musique et le désir d’un moment érotique ? Probablement, mais est-ce si différent. Peut-être faudra-t-il encore quelques chansons pour que je puisse savoir de quoi il s’agit, encore quelques chansons pour que je puisse lâcher prise.

Je le quitte des yeux, prends mon sac et rejoins mon groupe. Nous sommes voisins, des occasion on en aura d’autres, peut-être plus tôt qu’on l’imagine. Mais pour l’heure je suis les autres membres d’Ice & Fire dans le chalet et je fais la course pour avoir la meilleure chambre. Je perds la course. Je sais que si je demandais Mike me laisserait la meilleure chambre, mais je sais aussi que sa copine viendra peut-être, alors je la lui laisse de bon cœur. De toute façon, les chambres sont toutes confortables. La mienne donne sur le chalet de nos voisins, tiens… Je regarde un instant par la fenêtre pour voir ce qui s’y passe, curieuse et amusée à la fois. Mais Tomtom qui a trouvé le minibar me rappelle à l’ordre.

__ BIEEEEEEEERE !

Quand je débarque dans le salon, cosy au demeurant, ils sont affalés avec Alex et boivent un coup. Mon bassiste me tend une bière qu’il vient de décapsuler avec son briquet, truc que j’ai jamais réussi à faire. Je trinque avec eux et je me pose à mon tour sur un fauteuil.

__ C’était quoi ton délire avec le mec t’aleur ?
__ Je crois que t’as un ticket.
__ Fermez vos gueule.

Je me lève, prends mes clopes et sort m’en griller une avec la bouteille de sky que Tomtom m'a dégotée, sachant très bien que je suis pas fan de la bière. Je trouve une pierre pour m'asseoir un peu plus loin du chalet si non les deux zigottos qui mènent l’enquête risque de me rejoindre et j’ai pas envie. Accroupie sur mon cailloux, je regarde la lune en fumant et je me mets à fredonner Hijo de la Luna en espagnol avec mon accent de merde.
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Jaroslaw Malkovitch
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MessageSujet: Re: Retour vers le passé (pv Nina)   Ven 19 Oct - 21:05

Retour vers le passé
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Un instant de grâce et de magie ne  peut se prolonger indéfiniment. C'est ce qui le rend précieux. La réalité nous rattrape  et nous fait espérer la survenue d'un autre instant de cette nature. Peut-être qu'on peut aussi le provoquer sans lourdeur. Je me suis toujours refusé à croire au destin, pourtant je suis le premier à penser secrètement que rien n'arrive jamais totalement par hasard. Je suis un mec pétri de contradictions. Depuis longtemps les gars d'Avalon ont renoncé à comprendre comment je fonctionne. Personne n'a la carte des méandres de ma caboche.

Je suis à peine surpris quand Nina décline mon invitation à se jeter dans mes bras en usant d'un humour qui pique. Cette proposition que j'ai lancée est venue sans arrière pensée consciente. Mais là encore, je comprends. Comment les autres pourraient-ils savoir que je ne tente pas de choper un si beau brin de fille ? Comment elle même pourrait-elle se douter qu'à cet instant T  je ne suis qu'un gamin un peu gauche qui ne veut pas qu'elle se vautre en descendant de l'impériale du mini-car ? Je la regarde descendre comme elle peut et d'ailleurs plutôt pas mal. Elle s'en sort très bien toute seule. Je comprends à cet instant que j'ai eu tout faux en pensant qu'elle puisse accepter de l'aide d'un type sous le prétexte qu'il est plus grand qu'elle et plus fort.

Plus fort ? Vraiment ? Pas si sûr. Cette rage que je sens en elle pourrait lui faire décocher une bonne mandale qui m'étourdirait à coup sûr. Je sais très bien que la corpulence n'est rien à côté du feu intérieur qui semble l'animer. Quelque part, j'aime son refus. Je ne cherche pas la facilité. Ça n'a jamais été une option qui me séduit. Toute ma vie a été marquée par cette exigence et les personnes sont peu nombreuses à avoir répondu à cette complexité. Je ne cherche pas les raccourcis simples et les évidences ont peu de place dans mes choix et ma vie. Pourtant, c'est bien une évidence qui s'impose à moi en cet instant, alors que je la vois saisir son sac et rejoindre son groupe pour se diriger vers leur chalet. J'ai envie de la revoir, de la connaître mieux, de me perdre encore dans son regard d'eau claire, de chanter avec elle, de partager de la musique et des paroles. Des mots, des sensations, des idées.

Je suis venu pour ça, au delà de mon statut de musicien. Pour partager ça avec nos fans. Mais je prends conscience que j'ai envie de le partager aussi avec ELLE. Je me crispe un peu de la voir disparaître aussi vite qu'elle a fait irruption dans notre arrivée. Un goût d'inachevé, de non abouti m'envahit soudain. La putain de réalité nous a rattrapés. J'ignore même pourtant si elle a capté quelque chose de ce moment de partage, au delà du plaisir de la musique. DES IDÉES. Les voilà qui m'envahissent trop fort et comme toujours, elles se transforment en mots que j'ai envie de poser sur une musique. A présent qu'elle a disparu de mon champ de vision, j'ai une seule envie. Me retrouver seul pour laisser libre cours à mes vagabondages intérieurs et les traduire en mots et en musique. Des notes et des paroles que je n'écrirais peut-être que pour moi.

Les gars me bombardent de commentaires moqueurs et un peu grivois jusqu'à la porte du chalet. Ostensiblement, je lève ma main et dresse mon majeur. Quand je choisis la chambre qui a vue sur l'autre chalet, mon regard les dissuade pourtant d'en rajouter un de trop. Je lance simplement:

- Une douche, quelques heures pour faire le plein. On se retrouve plus tard, ok ?

Le plein de quoi ? Je referme la porte de ma chambre et balance mon barda puis je me laisse tomber sur le lit. Je fais connement l'étoile de mer. Je me sens vidé et je souris au plafond. Un sourire un peu triste. Le plein de solitude. Je ferme les yeux et je visualise un champ de neige à perte de vue. Immaculé. Le silence, enfin. Jamais absolu. J'entends le bordel des autres qui s'installent dans le reste du chalet. Ça dure un moment. Un moment que je ne saurais quantifier. Je me redresse et mon regard tombe sur mon étui de guitare. Celle qui ne me quitte jamais. Celle de mon grand-père. Je caresse la protection usée et pleine d'auto-collants datés. Je l'ouvre et en sors celle qui m'accompagne depuis mon enfance. Je l'enlace et la pose sur mes cuisses, assis sur le bord du lit et je commence à gratter quelques accords. Puis une mélodie galope dans ma tête, bientôt transcrite dans les cordes.

Elle me vient si facilement. Assis et penché sur le corps de ma guitare, j'entends le chant des oiseaux à l'extérieur. Je jette un regard derrière moi. La fenêtre est ouverte. Un employé qui aura voulu changer l'air, sans doute. Mes doigts courent sur les cordes et je peux entendre le violon de Mik se déployer dans l'espace, courant en prenant appui sur mes accords. Je peux entendre mes notes au piano et sentir la lente montée de l'émotion. Les instruments se répondent comme autant de voix. La course s'accélère  puis une pause et encore une autre entre chaque envolée. Je suis loin, si loin de tout, je survole des lacs, des montagnes, des villes, des cités alanguies sous le voile étoilé de la nuit. Puis tout se tait. Le piano, seul, égrène cette mélancolie. Lorsqu'il meurt enfin, la vision parfaite du visage de Nina s'impose à moi. Aucune parole. Juste la musique. C'est elle, aussi fragile qu'un ruisseau né dans les sous bois, qui se trace un chemin à travers les rochers et devient rivière, puis torrent indomptable pour finir dans une chute dont chaque goutte la raconte.

Je sais que je garderai pour moi les mots qui ne pourraient que trahir la beauté de la musique. Des mots que je ne suis pas prêt à prononcer. Il n'y a rien à ajouter. Rien à retrancher. Je sais que je chercherai son visage dans chaque foule.
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