Things are not what they seem to be.
MIL.OA. Ce projet de dingue qui est passé pour l'idée d'un fou à son origine a été construit par Jess Cameron. Un visionnaire et mystérieux bonhomme qui mène son équipe d'une poigne de fer.
Cette structure qui semble parfois dotée d'une conscience a donc un dirigeant, ses adjoints, sa police, ses lois, ses corps de métier, son hôpital, son école, son collège et son lycée et même ses lieux de culte. Tout cela pour prendre soin de ses habitants, ses citoyens de la naissance à la mort.
MIL cache derrière ses rideaux et ses light show un terrible secret. Sauras-tu le découvrir ?
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 [Terminé][flash-back, Berlin, JANUARY 23, 2042] You saved her life, then you become her guardian angel (pv Olve Borg)

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I.L.R.P.
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Tao Subashei
You saved her life, then you become his guardian angelThe last hope of some sometimes takes the face of the Devil.(Epica→ Angel of Death )Les parents de Mai-Lin avaient été clairs. Ils faisaient un pont d'or à I.L.R.P. s'ils avaient l'assurance que "leur fille" était en sécurité dans sa nouvelle vie. Il fallait que Tao veille au grain. Mais Tao ne pouvait suivre à la trace la jeune tatoueuse. Il avait sa carrière de bio-généticien et son poste chez I.L.R.P. Fort heureusement, en lisant le contre rendu de prise en charge signé par la police criminelle de Berlin, il avait appris que la jeune femme ne devait son "salut" qu'à un client qui avait sonné à sa porte quelques minutes après l'agression. Un certain Olve Borg, un jeune musicien amateur de tatouages qui avait rendez-vous peu de temps après le client abattu par les mafieux. Le scientifique avait du user de tout son self-contrôle pour accéder au dossier mais c'était aussi pour cela, sa maîtrise de la situation en toute circonstance, qu'il avait été embauché par l'Organisation. Borg était peut-être la solution aux exigences des parents du sujet. Sous couvert d'en apprendre plus sur les "souvenirs " de sa patiente, le médecin avait réussi à obtenir un rendez-vous dans un pub berlinois avec le musicien. Il ne savait pas à quoi s'attendre. Hormis le fait que c'était cet homme qui avait appelé les secours et avait permis d'éviter que la victime se vide de tout son sang avant d'être plongée dans un coma artificiel malheureusement irréversible.

Tao s'était un peu renseigné au sujet de ce bon samaritain. Un Norvégien, batteur ayant une certaine notoriété dans le monde fermé d'un style de musique assez spécifique: le metal extrême. Le scientifique n'y connaissait absolument rien et se faisait une vague idée de l'individu à travers les stéréotypes du genre. Il avait alors entrepris de creuser la piste Olve Borg et avait usé de son réseau pour en savoir plus à son sujet. Instable et fragile étaient les deux qualificatifs pouvant s'appliquer à la personnalité du pigeon. L'entrevue ne s'annonçait pas simple et évidente de prime abord, mais Subashei avait été formaté pour manipuler son monde, comme tous les membres d'I.L.R.P. Aussi ne doutait-il pas de pouvoir faire faire à ce type ce qu'il entendait qu'il fît.

En voyant Olve Borg passer le seuil du pub, il eut un bref moment de doute. L'homme était une sorte d'armoire à glace aux muscles saillants sous son sweat à manche longues par dessus lequel il arborait un veston de cuir sans manches dont le dos était orné d'un patch à l'effigie de son groupe: Cinematic Dolls. Le musicien portait en outre plusieurs piercings sur les arcades et un labret qui complétaient la panoplie peu engageante. Le scientifique tâta instinctivement son taser dans sa poche droite et son luger dans la gauche de son anorak. Tout était prévu. Cette étape de la mission ne pouvait que réussir ou finir par la mort du musicien. Pas de témoin, si pas de collaboration. C'était la base du deal. Borg avait pour ainsi dire assisté à la mort de Mai-Lin Asheito. Il aurait aussi bien pu être abattu également, si son imposante physionomie n'avait fait hésiter les commanditaires du crime dont était victime le client précédent de la tatoueuse. Le témoin de la mort d'un "original" ne pouvait être laissé en vie sauf s'il devenait le tuteur de sa réplique. C'était ce qui garantissait l'impunité et la pérennité de l'Organisation.

Le scientifique fit un signe discret au chevelu brun et basané. Une apparence qui l'avait surpris en consultant son dossier. Les Norvégiens n'étaient -ils donc pas des blonds aux yeux azur et aux traits anguleux ? Il avait devant lui un homme de type plutôt méditerranéen et aux yeux sombres comme l'enfer. A défaut de barbare scandinave, le spécimen avait tout de la brute hispanique mâtinée de chaines et clous. Ce qui n'avait rien d'engageant non plus. Le type, semblant ignorer le Japonais, stationna au bar pour y commander une bière pression et se dirigea verre en main vers la table où était installé celui qui lui avait donné rendez-vous. Verser dans la boisson la petite fiole qui endormirait ses soupçons ne serait pas chose aisée. Subashei eut une petite moue de contrariété puis se ressaisit pour accueillir le "sauveur" à sa table. Il en savait long sur la psychologie du bougre et il trouverait bien un moyen de le circonvenir.

- Monsieur Borg!
s'exclama le médecin en se levant pour s'incliner devant l'armoire à glace avec un sourire aimable. Merci d'avoir accepté ce rendez-vous pour aider Mademoiselle Asheito. C'est fort louable à vous. Asseyez-vous, je vous en prie.
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Olve Borg
You saved her life, then you become his guardian angelThe last hope of some sometimes takes the face of the Devil.(Epica→ Angel of Death ) J'étais de passage à Berlin une fois de plus. Comme chaque année à près Noël, je m'y rendais pour faire le plein d'imports rares qu'on ne trouvait pas en Finlande ou même en Norvège et aussi pour y revoir des potes musiciens.  C'était devenu une sorte de rituel pour moi. J'aimais ponctuer ma vie de rituels. Cela me rassurait, même si cela pouvait gonfler mes proches qui se moquaient de moi en disant que j'étais comme les gamins ou les vieux qui ont besoin de repères pour avancer ou de tout planifier pour tout prévoir.  Je n'étais certes pas comme Kashee qui aimait laisser une grande part à l'improvisation et au hasard dans sa vie. J'aimais particulièrement l'ambiance de Berlin, une ville qui avait souffert mais qui avait su renaître et devenir un carrefour cosmopolite des arts et de la culture. J'aimais y retrouver mes habitudes comme dans une ville natale secondaire. Mes habitudes de metalleux, mais aussi de type en quête d’expériences extrêmes en tout genre. Comme l'année précédente, j'avais fait la tournée des disquaires et des pubs en évitant cependant le rendez-vous chez le tatoueur. Depuis l'année dernière, j'étais bien incapable de faire ajouter un tatouage à mon impressionnante collection. Non que je n'en avais pas envie, mais un souvenir pénible m'empêchait de franchir le pas.

Aussi, quand le Professeur Subashei avait pris contact avec moi, avais-je été totalement bouleversé et terriblement sur la défensive quant à sa requête. Cela me replongeait dans un épisode de ma vie que je souhaitais oublier. Un traumatisme. Peu de gens le savaient, mais j'étais un type extraordinairement sensible et ce que j'avais vécu, ce à quoi j'avais assisté un an auparavant dans cette même ville, alors que je me rendais simplement chez un tatoueur pour ajouter un petit talisman sur ma peau m'avait marqué à vie. Je me souvenais comme si c'était la vieille, du corps inanimé de la jeune femme, de l'orifice d'entrée de la balle sur son front et de ses cheveux poisseux à l'arrière de son crâne lorsque je l'avais prise dans mes bras pour tenter de l'aider. J'étais peut-être un musicien jouant et aimant une musique ultra violente, mais cela ne signifiait pas que j'aimais la violence. Je m'étais souvent battu dans ma jeunesse et cela m'arrivait encore bien trop, mais jamais je n'avais songé à l'idée de prendre la vie de quelqu'un. Cette violence ultime n'était pas dans ma nature, malgré tous mes débordements. En vérité, je ne la supportais pas et c'était pour exorciser la peur que j'en avais que je jouais des rythmes violents. Pour oublier à quel point elle régissait le monde dans lequel nous vivions.

Tenir une jeune femme d'une vingtaine d'années dont je sentais la vie s'échapper dans mes bras, était violent. Savoir que sa vie avait été arrachée par d'autres volontairement était insupportable. Je ne connaissais pas Mai-Lin. On me l'avait juste conseillée comme tatoueuse. Et je n'aurais jamais l'occasion de la connaître, puisqu'on venait de lui ôter la vie quand j'étais arrivé dans son appartement. Pourtant l'avoir tenue dans mes bras dans les dernières secondes de sa vie me liait à elle d'une façon indélébile. Chaque nuit je rêvais des derniers instants que nous avions partagés. Même si elle était déjà inconsciente quand je l'avais soulevée et prise dans mes bras. Cette sensation, je ne pouvais la partager avec personne, même si mon psy et les membres du groupe avaient appris ce qui m'était arrivé et fait preuve de beaucoup de patience et de compassion. Le sentiment d'impuissance face à la mort violente qui vole une vie est quelque chose que seules les personnes qui en ont fait l'expérience peuvent partager. Et finalement, le mec qui avait le mieux compris mon état d'esprit était un flic berlinois qui m'avait interrogé comme témoin. Parce que lui, avait déjà vécu ça.

Tao Subashei venait de réveiller cette douleur mais me donnait en même temps l'occasion de parler à quelqu'un qui pouvait comprendre. Il avait côtoyé Mai-Lin lorsqu'elle était en soins intensifs. Il avait des choses à me dire à son sujet. Peut-être que cela m'aiderait à passer à autre chose et à ne plus faire des cauchemars à son sujet. Sa seule condition avait été que je ne parle à personne de notre rencontre. J'avais trouvé cela surprenant et même inquiétant. Après tout, j'étais le seul témoin de cette fusillade. Et si c'était un piège pour m'éliminer parce que j'avais vu sans le savoir quelque chose de compromettant ? Aussi avais-je pris soin de poster une enveloppe à destination d'une poste restante et une lettre à Kashee l'invitant à aller récupérer cette enveloppe si je venais à décéder dans des circonstances étranges. Dans cette enveloppe il y avait une lettre écrite de ma main expliquant ce dont j'avais été le témoin en janvier 2041 et la démarche de Tao Subashei un an plus tard à mon égard. Kashee était la personne en qui j'avais le plus confiance. Si quelque chose de pas naturel devait m'arriver, elle ferait ce qu'il fallait. Après tout ce Subashei était peut-être de mèche avec les commanditaires du meurtre de Mai-Lin Asheito.

Comme prévu lors de notre conversation téléphonique, il m'attendait au fond de la salle de ce pub berlinois que je connaissais bien. Je pris soin de saluer le patron et de commander une bière avant d'aller m'attabler face à lui. Ainsi des témoins se souviendraient de mon passage. Je ne serrai pas la main du type qui ne m'inspirait pour le moment qu'une méfiance légitime et je répondis sobrement à ses remerciements ponctués d'une courbette. Je savais que c"était dans sa culture mais cet empressement à me remercier me paraissait déplacé. Après tout, je n'avais rien pu faire pour cette jeune femme qui était, selon ce que j'en savais, tombée dans un coma irréversible et certainement morte. J'avais appelé les secours mais c'est ce que tout le monde aurait fait à ma place. Il n'y avait pas matière à me remercier. Pourquoi souhaitait-il me parler des derniers instants de la victime auxquels il avait assisté sur son lit d'hôpital ? C'était cela qui me taraudait.

- Il n'y a pas lieu de me remercier. Malheureusement, je n'ai rien pu faire pour l'aider. Une balle en pleine tête, ça ne pardonne pas. Que me voulez-vous ? Et qui êtes-vous exactement, Professeur Subashei ?
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I.L.R.P.
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Tao Subashei
You saved her life, then you become his guardian angelThe last hope of some sometimes takes the face of the Devil.(Epica→ Angel of Death ) L'entrevue débutait mieux que Subashei s'y attendait. Le type en face de lui n'avait pas l'intention de faire valoir un statut de super héros et semblait plutôt afficher une humilité de bon aloi. C'était un bon point et l'estime du scientifique pour le batteur monta d'un cran. Rien n'agaçait plus le savant que les vantards et les grandes gueules. De plus la façon de s'exprimer de Borg était laconique, sans fioriture, allant à l'essentiel et cela était plutôt du goût du cartésien Professeur Subashei.

- Vous êtes humble et modeste, Monsieur Borg, mais si vous n'aviez rapidement alerté les secours et maintenu le corps de Mademoiselle Asheito à une température suffisante, des dégradations irréversibles se seraient produites dans son corps et elles auraient interdit le processus que nous avons pu mettre en oeuvre pour ... prolonger la vie de la victime.


Subashei suivit le mouvement des mains du batteur qui lissaient à présent le set de table en papier sur lequel était posée sa bière de ses paluches de batteur. Ce type aurait aussi bien pu être bûcheron ou catcheur et les quelques minutes de batterie que Tao avait visionné sur youtube l'avaient convaincu que Borg avait assez de rapidité dans le geste pour lui en allonger une avant qu'il ait le temps de dégainer une arme. Mais au lieu de lui décrocher un coup de poing, le musicien se contenta de sortir un paquet de tabac et du papier à rouler.

- Vous savez qu'il est interdit de fumer dans ce pub Monsieur Borg... J'aimerais autant qu'on ne soit pas obligé de poursuivre notre entrevue ailleurs ...

Le géant, toujours silencieux, lui lança un regard indéfinissable et un petit rictus remonta le coin de sa lèvre. Subashei tapota nerveusement le coin de la table puis prit sa serviette en cuir qui était posée à ses pieds. Ostensiblement, il entreprit déverrouiller le porte documents du côté du batteur pour qu'il puisse voir ce qu'il en sortait. Une grande enveloppe en papier kraft qu'il glissa vers le coude du géant.

- Je comprends votre méfiance et votre incrédulité Monsieur Borg. Mais nous avons bel et bien réussi à prolonger la vie de Mademoiselle Asheito. Tout vous est expliqué dans ces documents. Je vous laisse en prendre connaissance  ici-même. Pour des raisons évidentes, je ne pourrais pas vous laisser les emporter. Lisez-les tranquillement et ensuite, je vous laisserai poser vos questions, si vous en avez, sans aucune garantie de pouvoir vous y répondre, cela dit. Mais je vous expliquerai pourquoi j'ai souhaité vous en donner connaissance.


Cependant, le généticien se garda bien de dire à l'artiste qu'il avait déjà franchi un point de non retour et que quelque soit sa réaction au contenu de cette enveloppe, il n'aurait aucun autre choix que d'accepter le marché qu'il allait lui proposer. Aucun autre choix que de croire l'incroyable et de jouer à leur jeu... S'il voulait VIVRE.
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Olve Borg
You saved her life, then you become his guardian angelThe last hope of some sometimes takes the face of the Devil.(Epica→ Angel of Death ) Le type était savant et instruit, ce qui devait lui donner la certitude que j'étais un crétin mal dégrossi, une brute épaisse. Je savais que mon physique l'impressionnait, je le voyais à sa nervosité, et sans doute espérait-il me rendre la pareille en étalant sa science. C'était le genre de mec que j'avais du mal à trouver sympathique. Un con moralisateur que j'avais envie de baffer, parce qu'il n'était même pas cher à mon cœur. Quand mes parents me faisaient la morale, quelque chose d'affectif m'empêchait de leur en coller une ou de les envoyer se faire foutre. Ils étaient mes parents et même s'ils me cassaient les burnes assez souvent, je les aimais et ils m'aimaient à leur manière. Ce connard de scientifique n'avait pas une once d'amour pour quiconque hormis peut-être lui-même. Pas besoin d'avoir un master en psychologie pour le sentir.

Je reniflai et relevai le menton avant de répondre.

- Toutes les vies ne se valent pas. Certaines fois, il vaut mieux ne rien prolonger. Comment va-t-elle ? J'avais lu dans la presse qu'elle était tombée dans un coma irréversible. Un légume quoi ...


Cet article ne m'avait pas étonné. Gamin, j'allais à la chasse avec mon grand-père et je savais reconnaître les blessures mortelles de celles dont on guérit. Je n'avais jamais vu un animal se relever après avoir reçu une balle entre les deux yeux. J'allumai avec lenteur la première des trois cigarettes que je m'étais roulé et tirai une bouffée que je rejetai à la face de Subashei.

- Quelle vie vous pouvez proposer à une fille qui a eu le cerveau coupé en deux par une balle et les deux nerfs optiques sectionnés ? Une vie de rat de laboratoire ? Et vous voulez que je me sente fier de vous avoir permis de la garder dans cet état ?

Mais ce con ne semblait pas m'entendre et prit sa serviette. Je ne le lâchais pas du regard tandis qu'il en sortait lentement une enveloppe en kraft qu'il me fit glisser. Je ne bougeai pas d'un pouce, sauf pour boire et fumer. Je gardai le silence un long moment. A la radio qui était allumée dans le pub, passait un vieux morceau de Dio, Time to burn, et je n'étais pas loin de partager l'avis de ce chanteur de génie. J'avais envie de cramer le faciès de ce généticien de mes deux, comme c'était écrit sur sa putain de carte de visite.

-Qui vous dit que j'ai envie de poursuivre cette entrevue Monsieur Subashei ? Dis-je laconiquement. Je suis connu ici et j'y ai mes petites habitudes. Si la fumée vous incommode, rien ne vous retient...

Ignorant l'enveloppe qu'il m'avait passé, je fis signe au serveur qui passait avec un plateau et lui commandai une autre bière puis j'ajoutai en transperçant Subashei de mon regard noir:

- Comment va la fille, à présent ? J'aimerai la voir, aller lui rendre visite ...

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I.L.R.P.
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Tao Subashei
You saved her life, then you become his guardian angelThe last hope of some sometimes takes the face of the Devil.(Epica→ Angel of Death ) Tao Subashei fit front aux remarques acerbes d'Olve Borg avec autant d'émotion qu'un iceberg. Aucune compassion pour le point de vue humain du batteur ne vint éclairer son regard, pas plus qu'un mouvement d'impatience face à sa psychologie de comptoir. Le musicien n'était qu'un pion d'intelligence moyenne sur un échiquier dont il était loin de mesurer l'ampleur et les enjeux. Eût-il eu en face de lui un de ses jeunes collaborateurs envahi par les mêmes scrupules, il lui aurait soit mis une balle dans la tête soit brisé la nuque pour avoir tenu des propos déplacés face à l'importance de l'oeuvre qu'il servait. Mais Borg était un ignare, un non initié. On ne pouvait pas attendre de lui une perception au delà de la basique limite de la vie humaine. Un sourire énigmatique étira néanmoins les lèvres du scientifique.

- La vie est précieuse, Monsieur Borg, même si elle ne tient qu'à un fil relié à une machine. Nous sommes tous issu d'un même matériau sacré, l'ADN. Cette structure incroyable qui donne naissance à une forme de vie définie et unique. Chaque être vivant est aux yeux de la conscience collective un prototype fini et inimitable. C'est ce qui nous rend la perte de chaque individu insupportable.

Le savant releva immédiatement la moue sceptique du musicien. Il poursuivit néanmoins son exposé, reconnaissant au batteur de ne pas se voir interrompu.

- Bien sûr, je sais qu'il y a parmi nous des êtres humains dénués de cette conscience. C'est à ce genre d'individus que vous avez été confronté lorsque vous avez surpris les assassins de Mademoiselle Asheito. Ces hommes qui volent des vies, sauvagement, les empêchant d'aller vers leur complétude et leur épanouissement. C'est révoltant, inacceptable, n'est-ce pas ?

Dans son genre, Borg était assez doué pour ne laisser filtrer que peu d'émotion pour un observateur lambda. L'évocation de la fin dramatique de la jeune tatoueuse ne suscita pas d'emportement ou d'indignation de la part du géant. Mais Subashei était passé maître dans l'art de décrypter les signes infimes qui trahissaient les sentiments intérieurs d'un interlocuteur. Derrière la façade impassible, il perçut la tempête intérieure qui faisait rage dans l'âme tourmentée de cet homme. Même s'il n'avait esquissé aucun geste en direction de l'enveloppe, Olve Borg était bouleversé par l'évocation du drame. Et peut-être plus encore par le sort de celle qu'il avait tenté de secourir. La requête qu'il venait de formuler, tout en baissant les yeux pour la première fois de l'entretien, confirma l'intuition du scientifique. Ce dernier retint un sourire victorieux et murmura simplement:

- Monsieur Borg, si je vous disais que votre souhait sera bientôt exaucé, pour peu que vous acceptiez de travailler pour nous ? Mademoiselle Asheito se porte le mieux du monde, étant donné les circonstances. Elle s'apprête à reprendre le cours de sa vie...


Subashei était sur le point de jubiler, savourant par avance l'effet que sa révélation ne manquerait pas d'avoir sur cet ours sceptique et il enfonça le clou avec une joie presque malsaine. Rivé au regard sombre du batteur, il tapota l'enveloppe qu'il lui avait glissé, d'un doigt léger et ajouta d'une voix doucereuse:

- Prêtez-vous quelque foi à cette croyance qui veut que quiconque sauve une vie en devient le protecteur, l'ange gardien, Olve ?

Le scientifique espérait avoir suffisamment ébranlé la conscience d'Olve Borg, non par crainte d'avoir à l'abattre s'il déclinait sa proposition, mais pour éviter tout contre-temps fâcheux qu'un refus de sa part impliquerait. Trouver un autre tuteur pour la jeune rebelle solitaire ne serait pas chose aisée et I.L.R.P. détestait les contre-temps.
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Olve Borg
You saved her life, then you become his guardian angelThe last hope of some sometimes takes the face of the Devil.(Epica→ Angel of Death ) Le serveur, un type sympa que je connaissais un peu pour avoir discuté avec lui, revint pour m'apporter ma bière et évita sans doute que je pète les dents à Subashei dans une détente éclair dont j'avais le secret. Le brave gars me demanda si tout allait bien et si je voulais autre chose. Une façon de me laisser entendre qu'il avait capté un rien de contrariété dans mon attitude, ce qui, il le savait trop bien, n'augurait que des emmerdes à venir pour l'établissement dans lequel il bossait. Je le remerciai brièvement et lui lançai un regard qui voulait dire " t'inquiète je contrôle mais ne t'en mêle pas". Le message avait dû passer de façon claire puisqu'il retourna derrière son comptoir en hochant la tête d'un air entendu, mais pas rassuré pour autant.

Je pris ma seconde bière et en bus lentement une gorgée avant de me caler contre le dossier de ma chaise et de prendre mon briquet dans l'autre main pour jouer avec. J'esquissai un sourire et répondis d'une voix très calme.

- Je vais vous dire ce qui est révoltant, Monsieur Subashei. C'est que des types dans votre genre puissent penser une seule seconde qu'ils sont supérieurs à tout et à tous au point de décider de la façon dont les autres doivent vivre.


Je fis rouler la roue du silex de mon briquet sous mon pouce, d'un geste machinal et répétitif, produisant des étincelles.

- Si vous croyez que j'ai besoin de votre permission pour rendre visite à Miss Asheito, vous ne devez pas savoir à qui vous vous adressez.

Je levai mon verre pour boire une seconde gorgée de bière et le reposai sur sa fichue enveloppe avant de me pencher en avant pour saisir le col de son anorak bordé de fausse fourrure pour l'attirer par dessus la table.

- Je ne sais foutrement pas où vous voulez en venir avec votre histoire d'ange gardien, mais je sais reconnaître un enculé de première quand j'en ai un en face de moi et même si je ne sais pas ce que contient votre saleté d'enveloppe, je me doute que ça sent la merde.


Je m'interrompis en prenant conscience que deux clients avaient bougé au fond de la salle, deux type avec un look grunge qui se fondaient dans la masse et que je n'avais pas spécialement remarqué avant qu'ils changent de place pour venir s'asseoir à la table juste derrière la notre, juste dans mon dos. Dans le même temps, le regard du prof avait radicalement changé pour devenir encore plus flippant que nature. A moins que ma paranoïa ne soit en pleine explosion comme chaque fois que des souvenirs envahissants refaisaient surface dans ma mémoire. Peut-être bien qu'ils s'étaient simplement déplacés pour être plus près du juke box et que Subashei était juste un type autoritaire peu habitué à se faire envoyer chier.

- Je ne sais pas pour quelle raison vous avez cru bon de m'appeler pour évoquer ce merdier. Cette fille morte, cet assassinat, j'ai déjà répété plusieurs fois à la police berlinoise tout ce que je savais. Je suis en très bons termes avec le lieutenant Wieger, qui a supervisé l'enquête et à supposer que je veuille voir Mai-Lin, je m'adresserai plutôt à lui pour avoir des nouvelles et faire passer mes coordonnées à cette fille. Si elle veut me rencontrer, ça, c'est à elle de décider. La question que je vous posais était purement rhétorique. Vous croyez que je suis un enfoiré dans votre genre à aller la trouver pour lui dire "salut, j'ai assisté à ton exécution, je voulais savoir comment tu vas depuis que tu as ressuscité" ?

Quel genre de type pouvait ainsi manœuvrer en se drapant dans une pseudo morale sur la valeur de la vie et me proposer d'aller bouleverser la nouvelle vie de cette fille en échange d'un contrat d'embauche plus que glauque ? J'éprouvais un mélange d’écœurement et de haine et je savais que ce n'était pas bon pour la suite. Je relâchai brutalement le col de son vêtement et le toisai avec tout le mépris dont j'étais capable.

- Ecoutez-moi bien maintenant. Vous allez finir votre verre, ramasser votre enveloppe, lever votre cul et dégager de cet endroit. Voilà en quoi je crois. Quiconque veut vivre peinard et longtemps, ne vient pas me dire ce que je dois faire et me gâcher ma bière.


Ayant dit ce que j'avais à dire, je repris mon verre et je m'allumai une autre des clopes que je m'étais roulé.


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I.L.R.P.
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Tao Subashei
You saved her life, then you become his guardian angelThe last hope of some sometimes takes the face of the Devil.(Epica→ Angel of Death ) Alors qu'il pensait maîtriser la situation et avoir la main sur la négociation, Tao Subashei dût faire face à un revirement de situation inattendu. S'il connaissait, pour avoir diligenté une enquête détaillée sur le sujet qu'il avait en face de lui, l'instabilité aigüe dont Olve Borg souffrait depuis son enfance, il n'avait pas prévu un effet dommageable à la tractation: l'inconscience fait parfois commettre des folies aux êtres d'intelligence moyenne. Par ignorance, manque d'intuition, ils ne sentent pas poindre le danger imminent qui va leur tomber dessus. Il faut éveiller leur instinct de survie, activer leurs basiques réflexes de protection. S'il avait perçu une intelligence supérieure dans cet individu, Subashei aurait pu le suspecter d'une arrogance disproportionnée. Mais ce n'était pas le cas. Borg n'était pas arrogant. Il était totalement à côté de la plaque, loin d'imaginer qu'il était en train de jouer avec sa vie, celle de ses proches, et aussi par ricochet, celle de Mai-Lin Asheito. A vrai dire, son irresponsabilité  était si grande dans tout le tableau que son grand coup de gueule final ne fit naître aucune animosité chez le scientifique. Tout au plus un mépris croissant pour cet être simpliste qui se tenait en face de lui en le secouant par le col.

Il ne cilla pas sous le coup de l'accès d'agressivité de l'homme. Il attendit calmement, froidement qu'il le lâche. Comme il devait récupérer la maîtrise de l'issue de l'entrevue, il ne joua pas non plus la carte de la condescendance et de l'humiliation, comme il aurait pu le faire. Cela aurait pu susciter la colère et la révolte de son interlocuteur, tant la majorité des êtres humains lambda ne savent pas gérer ce genre d'atteinte. Il devait provoquer une peur primale chez Olver Borg, puisqu'il avait en face de lui un être régi par des instincts primaires. Point n'était besoin d'user de stratagèmes psychologiques de dévalorisation. Bien au contraire.

- Monsieur Borg. Je sais que vous pouvez appréhender la situation bien au delà de l'état factuel des choses. Les faits sont les suivants: Mai-Lin Asheito est morte assassinée. Vous avez été témoin de cet assassinat. Elle a néanmoins commencé une nouvelle vie. Je vous propose de veiller sur elle dans cette nouvelle vie.


Subashei fit un signe de tête et il y eut un mouvement derrière le dos de Borg. Un des deux hommes qui s'étaient installés à la table derrière lui tomba de sa chaise et se mit à convulser sur le sol, la bave aux lèvres. Le scientifique se pencha à son tour vers Olve Borg qui regardait la scène d'un air médusé et murmura:

- Cette bière aurait pu être la vôtre ... Ou celle d'un de vos proches amis restés à leur hôtel. Ou celle de vos parents résidant en Norvège ou en Finlande. Ou même celle de Mademoiselle Asheito qui vit à présent à Hong Kong chez les siens. Nous sommes en capacité de leur donner la substance qui sera létale à chacun.

Les autres clients s'exclamaient, se bousculaient autour de l'homme qui convulsait et dans l'affolement général, le barman empoigna son téléphone pour appeler les urgences. Un homme mit le malheureux en position de sécurité et tenta d'aider le malheureux à respirer. Borg était tétanisé, les yeux hors de lui, la mâchoire serrée. Une proie aux abois.

- Maintenant, vous allez ouvrir cette enveloppe et prendre connaissance des informations qu'elle contient. Vous lirez aussi le contrat que nous proposons à votre groupe pour une tournée en Asie. Enfin, vous apprendrez scrupuleusement les règles que nous avons établies quant à votre mission auprès de Mademoiselle  Asheito. Vous signerez tous les documents.


Puis, calmement, Subashei se leva et posa sa main sur l'homme qui essayait de sauver le moribond.

- Je suis médecin. Laissez-moi essayer d'aider ce malheureux. Il doit faire un choc anaphylactique. Aidez-moi en écartant les curieux. Il a besoin d'air pour respirer.

L'homme s'exécuta, visiblement soulagé qu'une personne qualifiée prenne la relève.  Discrètement, mais de façon assez ostensible pour que Borg ne rate rien de la scène, Subashei prit le pouls de la victime, constata sans surprise qu'il était erratique et faible. Puis il se redressa pour attraper sa mallette dont il sortit une trousse médicale. Promptement, il prépara une seringue et l'injecta dans la cuisse de l'agonisant. Sur cet entrefaite, les secours investirent les lieux et le généticien donna le plus naturellement du monde à l'ambulancier sa version des faits, son diagnostic ainsi que le nom de l'antidote qu'il venait d'administrer à la victime. Vérifications faites, les secouristes constatèrent que cette dernière commençait à mieux respirer et à retrouver un pouls régulier. En l'espace de quinze minutes, le destin de cet homme avait vacillé entre mort et survie. Sous les yeux de Borg. Après beaucoup d'émoi, le pub retrouva un calme relatif, les conversations des clients tournant autour de l'intervention providentielle du médecin et de la rapidité des secours. Soulagé, le barman vint même offrir une tournée gratuite à la table de Subashei. Celui-ci remercia avec humilité, puis lorsque le serveur se fût éloigné, il posa sa main manucurée sur la grande paluche du batteur.

- Maintenant, Monsieur Borg, faites tout ce que je vous ai demandé.


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Olve Borg
You saved her life, then you become his guardian angelThe last hope of some sometimes takes the face of the Devil.(Epica→ Angel of Death ) J'attendais calmement que le Doc se casse et arrête de polluer mon air avec ses salades. J'étais triste et mal à l'aise d'avoir ressassé tout ça à cause de ce connard. En avoir appris plus sur la victime, Mai-Lin Asheito, ne la ferait pas revenir et j'avais passé l'âge de croire au Père Noël surtout lorsqu'il avait la tête de cet enfoiré. Je n'en avais rien à taper de ses promesses et faux espoirs. Subashei ne bougea pas d'un pouce, juste un signe de tête à peine perceptible, mais qui ne m'était pas adressé. Le bazar qui suivit avait tous les relents du cauchemar. Un type à la table derrière moi était en train de faire une sorte de crise ... cardiaque peut-être. Il y eu un affolement bien compréhensible autour du type. Je n'arrivais pas à bouger à la différence des autres qui s'agitaient pour tenter quelque chose. J'étais bien impuissant face à cette situation inattendue. Je le fûs encore plus quand l'autre salaud, profitant du brouhaha général me glissa à l'oreille des paroles qui me glacèrent le sang.

Mes mâchoires se crispèrent à m'en faire mal aux maxillaires et ma main serra le bord de la table. Cette enflure me menaçait, menaçait ma famille et tentait de me culpabiliser par rapport à la fille, mais pire encore, il revendiquait ce qui était en train d'arriver à ce pauvre gars. Je le fixai les yeux exorbités par tant de cynisme et de noirceur. Si le diable existait, il pouvait avoir la gueule de ce monstre. Subashei était en train d'assassiner quelqu'un sous mes yeux. Il le faisait pour me faire passer un message. Si j'avais été le seul menacé, je lui aurai sauté à la gorge et lui aurai brisé le cou de mes seules mains. Mais j'étais impuissant. Il n'était pas seul, il agissait de concert avec d'autres qui sauraient exercer des représailles sur ma famille, à présent, j'en étais convaincu.

Et j'écoutai cette ordure me donner ses instructions, en le fixant avec un regard dément. Ma clope s'était consumée jusqu'à mes doigts et je ne sentais même pas la brûlure. J'aurais voulu hurler à en faire trembler les murs, aplatir sa tronche contre le miroir au fond de la salle. Mais je ne pouvais pas. Mon regard tomba sur l'enveloppe et je la fixai, d'un air absent. Subashei se leva et se présenta comme le sauveur de cet homme qui agonisait. Aux yeux de toute la salle il faisait figure de héros. Avec professionnalisme, il injecta un produit au pauvre type et passa encore pour l'homme du jour auprès des secouristes. Tout avait été mis en scène, prévu à l'avance pour me convaincre et me piéger. J'avais l'impression de sombrer dans un cauchemar.

Après le départ des secours, le calme revint dans le pub et Subashei reprit sa place devant moi. Le regarder dans les yeux avait quelque chose de terrifiant. Je n'étais plus le grand batteur balèze, le bagarreur à la tête brûlée, le chien fou et incontrôlable qui avait fait quelques séjours en centre de rééducation. Je n'étais qu'un gamin terrorisé qui se tient à l'orée d'une forêt sombre et touffue et qui sait qu'il va devoir y pénétrer pour
ne pas mourir ou perdre ceux qu'il aime. C'était le monstre des contes les plus sombres de mon enfance qui prenait corps sous mes yeux. Il réitéra son ordre et je pris l'enveloppe en m'efforçant de ne pas trembler. Lorsque le barman revint pour nous offrir une tournée gratuite, je lui commandai une double vodka.

- Je comprends, vous avez besoin de quelque chose de plus fort qu'une bière après tout ça !


Et il exauça mon souhait illico. Ohh oui, j'avais besoin de quelque chose de plus fort. J'ouvris l'enveloppe et j'y trouvai l'adresse de Mai-Lin Asheito avec une sorte de fiche qui mentionnait une réinsertion post traumatique. Des photos d'elle, dont une récente, si j'en jugeai par le journal du jour affiché sur le kiosque devant lequel elle posait. Puis il y avait d'autres photos plus anciennes qui retraçaient sa vie, des photos d'elle bébé et petite fille, d'elle en kimono de combat, suivies de tout un dossier médical et informatisé, son génotype, l'arbre généalogique de sa famille, des renseignements sur tous, même sur ses ex petits amis. Ils savaient tout sur elle. Je n'osai continuer à lire et regarder. J'avais l'impression de violer son intimité. Je détournai le regard, écœuré.

- Vous avez le même sur moi, espèce de ...

Sans répondre un mot, Subashei pointa du doigt une autre liasse de feuilles. Il s'agissait du fameux contrat d'embauche suivi de la liste qui détaillait ce que j'étais censé faire et ne pas faire à son sujet. Je devais délirer, ce n'était pas possible ... C'était une mauvaise, très mauvaise blague.

- Pourquoi vous faites ça ? Quel est le but de tout ce cirque ? Si vous me dites que c'est par amour de chaque vie, je vais vous tuer, je pense, quoi que vous puissiez faire.

Subashei hocha négativement la tête et me pointa du doigt un paragraphe en particulier " l'agent ne posera pas de question. Tout ce qu'il devra savoir lui sera communiqué ultérieurement." Il me tendit un stylo en murmurant : pensez à votre famille, Olve. Vos amis, et pensez à elle. Si vous refusez, aucun de vous ne sera épargné. Je signai et paraphai chaque page non sans l'avoir lue et chaque détail me serrait la tête dans un étau. Puis, quand j'eus fini, il récupéra le contrat et me présenta celui qui concernait Cinematic Dolls.
Considérez cela comme une petite compensation et la preuve de notre puissante bienveillance ajouta-t-il avec un sourire froid. Je signai également. Ce contrat là était en deux exemplaires dont un qu'il me laissa.

Après avoir ramassé le sien, il se leva et me salua poliment avant de disparaître par la porte d'entrée du pub.

Je restai là, hébété, devant les feuillets un long moment. J'eus envie de les déchirer en mille morceaux comme si ce simple geste pouvait me délier de ce contrat horrifiant. Puis je vidai mon verre d'une traite et rassemblai les feuilles que je glissai dans l'enveloppe avant de me diriger vers le bar pour commander une bouteille de vodka à emporter.

Une fois sur le seuil, un vent froid me cingla le visage. Je fis quelques pas dans la neige qui avait tout recouvert. Je fus pris d'un haut le cœur, et je m'appuyai contre le mur de brique du pub pour vomir toutes mes tripes.

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